La campagne de frappes de drones menée par l'Ukraine contre les infrastructures stratégiques russes pèse désormais lourdement sur les finances de Moscou. Le président Vladimir Poutine a admis que ces attaques, ciblant prioritairement les raffineries et les terminaux pétroliers, ont engendré une perte équivalente à 1% du produit intérieur brut (PIB) national.
Un impact direct sur les capacités d'exportation
La stratégie ukrainienne, qui consiste à viser des points névralgiques de l'industrie pétrolière, porte ses fruits sur le plan opérationnel. Les ports de la mer Noire, tels que Novorossiïsk, ont vu leurs volumes d'exportation chuter drastiquement. Alors que ce terminal traitait jusqu'à un million de barils par jour au début de l'été, ce chiffre a été divisé par plus de deux. Globalement, les exportations maritimes de brut russe ont été inférieures de 15% aux prévisions durant la première quinzaine d'août, illustrant la vulnérabilité des infrastructures face aux offensives aériennes répétées.
Le secteur du raffinage sous pression
Au-delà des ports, c'est l'outil de production qui est durablement affecté. Les raffineries russes auraient perdu jusqu'à 45% de leur capacité opérationnelle selon certaines estimations. Cette désorganisation a des répercussions concrètes sur le marché intérieur : en juin dernier, environ 90% des régions russes ont dû faire face à des pénuries de carburant, contraignant les autorités à instaurer des mesures de rationnement. Si Vladimir Poutine assure que 90% des sites endommagés sont en cours de remise en service, la menace persistante des drones ukrainiens maintient une pression constante sur la chaîne d'approvisionnement.
Fragilisation des finances publiques
Ces dommages s'inscrivent dans un contexte de ralentissement structurel de l'économie russe. Après une croissance de 4,9% en 2024, le pays a connu une progression limitée à 1% en 2025, avant de subir un recul de 0,2% au début de l'année 2026. Bien que les statistiques officielles fassent état d'une croissance de 1,3% au deuxième trimestre 2026, celle-ci est largement portée par la volatilité des prix du gaz. Les recettes énergétiques, essentielles au financement de l'effort de guerre, plafonnent à 64% de leur niveau de 2024, sous l'effet conjugué des frappes ukrainiennes et des sanctions internationales. Cette érosion des revenus, couplée à des dépenses militaires massives, laisse entrevoir un creusement significatif du déficit public pour l'exercice en cours.