La découverte du site archéologique de Walaldé, dans la moyenne vallée du fleuve Sénégal, offre un éclairage inédit sur les premières sociétés agropastorales de la région. Entre 800 et 200 avant J.-C., cette communauté a développé des techniques métallurgiques sophistiquées, marquant une étape charnière dans l'histoire technologique de l'Afrique de l'Ouest.
Une transition technologique majeure
Les recherches menées à la fin des années 1990 par une équipe pluridisciplinaire, incluant Hamady Bocoum, Alioune Dème et Susan McIntosh, ont révélé une occupation humaine structurée sur environ cinq hectares. Les strates archéologiques les plus anciennes témoignent d'une période de transition où l'usage de la pierre taillée cohabitait avec les prémices de la métallurgie du fer. Au fil des siècles, cette maîtrise s'est intensifiée, comme en attestent les importantes quantités de scories et de tuyères retrouvées sur place, confirmant l'existence d'activités de forge et de fonte pérennes.
Des réseaux d'échanges à longue distance
Au-delà de ses capacités de production locale, le site de Walaldé démontre une intégration dans des circuits commerciaux étendus. La présence de cuivre provenant du gisement d'Akjoujt, en Mauritanie actuelle, souligne l'existence d'échanges à longue distance dès cette époque reculée. Ces preuves matérielles, complétées par la découverte de céramiques et de sépultures ornées d'ocre rouge, dessinent le portrait d'une société organisée, capable de commercer et de structurer ses rites funéraires.
Débats sur l'identité et la mémoire historique
La médiatisation du squelette surnommé « Hamady Walaldé », présenté comme le plus ancien occupant connu de la zone, a suscité des discussions scientifiques et culturelles. Si la tradition orale lie le site à l'histoire de Mawndou Walaldé, une cité ancienne associée aux vestiges de Tékane, les chercheurs appellent à la prudence concernant l'attribution ethnique des populations anciennes. Les experts soulignent que les premiers habitants attestés de la vallée ne peuvent être directement rattachés aux groupes ethniques contemporains, rappelant que l'identité des populations préhistoriques reste un sujet complexe qui dépasse les classifications actuelles.