Fitch Ratings indique que les filiales étrangères des groupes bancaires africains vont renforcer leurs contributions aux résultats nets et aux actifs totaux dans les années à venir. Cette dynamique, déjà amorcée avant la pandémie, s’est accélérée grâce à des acquisitions et à la dépréciation du naira, plaçant Access Bank en position de leader de la croissance transfrontalière.
Une accélération post‑pandémique des contributions des filiales
Le rapport de Fitch souligne que, depuis une décennie, les filiales hors du pays d’origine des banques africaines augmentent progressivement leur part dans le revenu net et le total des actifs du groupe. La crise sanitaire a intensifié cette tendance, les établissements cherchant à compenser la contraction des marchés domestiques par des opérations à l’étranger. Pour les groupes nigérians, la forte dévaluation du naira a rendu les actifs libellés en devises étrangères plus attractifs, stimulant ainsi les résultats consolidés.
Access Bank : la croissance transfrontalière la plus rapide
Parmi les acteurs évalués, Access Bank Plc (notation B/Stable) se démarque comme la banque ayant enregistré la progression la plus rapide de ses activités à l’international au cours des dernières années. Cette performance résulte d’une série d’acquisitions ciblées dans la sous‑région ouest‑africaine, permettant à la banque de diversifier ses sources de revenus et de réduire son exposition aux risques macroéconomiques nigérians.
Nouveaux entrants et opportunités en Afrique de l’Ouest francophone
Le retrait progressif des banques européennes du continent ouvre des créneaux pour les groupes africains, notamment au sein de la zone francophone ouest‑africaine. Le Kenya, par exemple, attire désormais des établissements nigérians et sud‑africains désireux de profiter de l’environnement favorable aux investissements. Parallèlement, les exigences accrues de capital libéré à travers le continent devraient encourager davantage de fusions et d’acquisitions, renforçant la consolidation du secteur.
Diversification face aux risques domestiques et perspectives de M&A
Fitch précise que l’expansion transfrontalière répond également à la volonté des banques de se prémunir contre les aléas économiques internes. Les groupes sud‑africains, nigérians et kenyans ont tous connu des défis macroéconomiques locaux au cours de la dernière décennie, incitant leurs dirigeants à chercher des sources de revenus plus stables à l’étranger. Le rapport indique que douze des quatorze groupes bancaires étudiés possèdent des filiales dans au moins cinq pays africains, avec des actifs consolidés dépassant 15 milliards de dollars à la fin de 2025, ce qui laisse présager une poursuite de l’activité de fusion‑acquisition alimentée par les nouvelles exigences de capital.