Une initiative inédite dans le département de Bahr-Azoum, au Tchad, donne aux femmes les clés pour maîtriser les outils agricoles et s’imposer dans un secteur traditionnellement masculin. Portée par le projet SWEDD+ et une ONG locale, cette formation vise à transformer les pratiques culturales tout en luttant contre les effets dévastateurs du changement climatique.
Une formation technique pour briser les tabous du genre
Inaugurée le 27 août 2026 sous la présidence du préfet Mahamat Ahmat Saleh, cette formation s’adresse spécifiquement aux jeunes femmes actives dans les filières agricoles et maraîchères de Bahr-Azoum. L’objectif affiché est double : leur permettre de maîtriser la conduite et la maintenance des équipements agricoles, tout en remettant en cause les stéréotypes qui limitent leur accès à ces compétences techniques.
Selon Mahamat Koussou Abdelkhader, coordonnateur de l’ONG BADIA/AJRPS, cette initiative s’inscrit dans une démarche d’évolution sociale. « Les tâches techniques ne sont plus l’apanage des hommes », souligne-t-il, insistant sur le rôle clé des femmes dans la modernisation de l’agriculture locale.
Réduire la pénibilité et sécuriser les récoltes face à la sécheresse
Dans une région semi-aride, où les sécheresses récurrentes menacent les moyens de subsistance, l’acquisition de ces compétences prend une dimension stratégique. Les participantes apprendront non seulement à entretenir les outils, mais aussi à adopter des techniques d’irrigation adaptées pour optimiser l’usage de l’eau, un enjeu vital pour la sécurité alimentaire.
Le coordonnateur de l’ONG précise que la formation cible également la réduction des pannes et des arrêts de production, des facteurs aggravants de la vulnérabilité économique des ménages ruraux. Une maîtrise accrue des équipements pourrait ainsi limiter les pertes de rendement et renforcer la résilience des exploitations familiales.
Un apprentissage dans les langues locales pour une appropriation durable
Pour garantir l’efficacité de la transmission, les formateurs sont invités à dispenser les enseignements en langues locales. Une demande formulée par le préfet Saleh lors de l’ouverture, qui a appelé les apprenantes à saisir cette opportunité « pour leur intérêt et celui de la communauté ». Cette approche linguistique vise à faciliter la compréhension des concepts techniques et à ancrer durablement les savoirs acquis.
Cette formation s’ajoute à une série d’actions menées par le projet SWEDD+ dans la région, qui incluent des programmes similaires pour les jeunes hommes. Une stratégie globale pour diversifier les compétences et renforcer l’autonomie des populations rurales face aux défis climatiques et économiques.