Le département du Trésor américain a inscrit la banque turque Golden Global Bank et ses deux filiales sur la liste des personnes et entités spécialement désignées (SDN) de l'OFAC, les accusant d'avoir facilité des transactions d'une valeur de plusieurs dizaines de millions de dollars au profit du Corps des Gardiens de la Révolution (IRGC) et de son bras Qods Force. La banque a immédiatement dénoncé les allégations et annoncé son intention de recourir à tous les moyens juridiques pour contester les mesures.
Sanctions américaines contre Golden Global Bank
Le 27 septembre, le Trésor des États‑Unis a publié une décision de sanction qui cible Golden Global Yatirim Bankasi Anonim Sirketi ainsi que deux de ses filiales. Selon le communiqué, la banque aurait été créée spécifiquement pour permettre au réseau « rahbar » iranien – un système bancaire parallèle – de transférer les recettes pétrolières provenant de la Chine vers la Turquie, en utilisant notamment l’or et les espèces. L’inscription sur la liste OFAC coupe l’accès de l’institution au système financier américain, ce qui constitue un obstacle majeur pour toute opération internationale nécessitant le dollar.
Allégations de soutien aux transactions de l’IRGC
Les autorités américaines affirment que Golden Global aurait facilité des flux financiers destinés au Corps des Gardiens de la Révolution et à la Force Qods, deux entités considérées comme des acteurs clés du programme de défense et de soutien aux milices iraniennes. Le département du Trésor indique que ces transactions auraient permis à l’Iran de contourner les sanctions existantes, en mobilisant des fonds pour ses activités régionales. Aucun détail chiffré n’a été publié, mais le terme « tens of millions of dollars » apparaît dans le texte officiel.
Réaction de la banque et perspectives juridiques
Golden Global Bank a réagi le même jour, précisant qu’elle respecte l’ensemble des règles de conformité locales et internationales et qu’aucune de ses opérations ne justifie les accusations américaines. Dans un communiqué, la banque a déclaré que les individus et entités mentionnés dans la décision OFAC n’ont jamais été ses clients. Elle a ajouté qu’elle exercerait « tous ses droits d’objection et de recours juridique de la manière la plus efficace » et qu’elle engagerait rapidement des actions en justice contre les sanctions.
Implications pour le système financier turc et la stratégie américaine
Le porte‑parole de l’ambassade des États‑Unis en Turquie, Tom Barrack, a souligné que la santé du système bancaire turc n’est pas remise en cause, mais que le comportement d’une institution isolée l’est. Cette précision vise à éviter une escalade diplomatique avec Ankara, tout en maintenant la pression sur l’Iran. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a indiqué que les sanctions s’inscrivent dans le cadre de l’« Operation Economic Outcast », une campagne visant à isoler économiquement Téhéran. Il a laissé entendre que d’autres mesures similaires pourraient être annoncées dans les semaines à venir, renforçant ainsi la stratégie américaine de pression financière sur l’Iran.