Les États-Unis taxent les drones étrangers : comment Parrot a évité le piège chinois

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 29 lectures
Les États-Unis taxent les drones étrangers : comment Parrot a évité le piège chinois

À partir de ce jeudi, les drones importés aux États-Unis subissent des droits de douane pouvant atteindre 100 %, une mesure protectionniste visant à réduire la dépendance américaine à la Chine. Le français Parrot, seul fabricant étranger intégré au programme Blue UAS du Pentagone, a anticipé cette stratégie en sécurisant sa chaîne d’approvisionnement dès 2020.

Une taxe de 100 % pour briser la dépendance chinoise

Washington impose désormais des droits de douane de 25 % sur les drones de moins de 25 kg et de 100 % sur les appareils plus lourds, une décision motivée par des enjeux de sécurité nationale. Le texte signé par Donald Trump en août dernier souligne que la dépendance américaine aux drones et composants étrangers menace la souveraineté du pays. Derrière cette mesure se cache une bataille industrielle : les drones, devenus des armes clés en Ukraine, reposent encore massivement sur des chaînes d’approvisionnement chinoises.

Selon le think tank CSIS, près de 80 % des drones utilisés en Ukraine intègrent des composants chinois. DJI, géant chinois, domine 90 % du marché grand public et 80 % du segment commercial aux États-Unis, suscitant des craintes sur la collecte de données sensibles. Pour Washington, la priorité est claire : réduire cette dépendance avant février 2025, date à laquelle le régime tarifaire actuel pourrait être révisé.

Parrot, l’exception française dans l’échiquier américain

Le groupe français Parrot a évité le couperet en repensant entièrement sa chaîne d’approvisionnement dès 2020. Son drone ANAFI, conçu pour le marché américain, s’appuie sur des composants provenant de pays jugés fiables par le Pentagone : États-Unis, Taïwan, Japon et Corée du Sud. Résultat : Parrot a obtenu une place dans le programme Blue UAS, une liste restreinte de drones certifiés par le département américain de la Défense, où il est le seul fabricant étranger parmi cinq sélectionnés.

Cette stratégie a permis à Parrot de bénéficier d’un tarif douanier réduit à 15 %, contre 25 % ou 100 % pour ses concurrents. Mais l’incertitude persiste : Donald Trump, connu pour son imprévisibilité, pourrait durcir les règles après février 2025. Pour les industriels, l’enjeu est désormais de prouver leur autonomie technologique pour rester dans le cercle des fournisseurs agréés.

La supply chain, nouveau terrain de la guerre économique

La mesure américaine s’inscrit dans une logique plus large : sécuriser une filière devenue stratégique, notamment depuis le conflit en Ukraine. Volodymyr Zelensky a révélé que plus de 80 % des cibles ennemies détruites par l’armée ukrainienne l’étaient par des drones, soulignant leur rôle central sur le champ de bataille. Face à cette réalité, les États-Unis cherchent à développer une production locale, mais la dépendance aux composants étrangers reste un défi.

Pour Parrot, l’intégration au programme Blue UAS a nécessité des ajustements majeurs : cartes mères américaines, caméras conformes aux normes de cybersécurité, et une traçabilité totale des composants. Cette approche pourrait inspirer d’autres acteurs européens ou asiatiques, mais le temps presse. Avec la montée des tensions géopolitiques, les règles du jeu pourraient évoluer rapidement, laissant peu de marge aux retardataires.

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