Le gouvernement sénégalais a vivement réagi aux sanctions américaines annoncées le 18 août 2026 contre Abdoulaye Sèye, membre sénégalais du Bureau du procureur de la Cour pénale internationale (CPI) et candidat à un poste de juge. Dakar dénonce une atteinte à l’autonomie de la justice internationale et réaffirme son engagement en faveur du multilatéralisme.
Un magistrat sénégalais dans le viseur de Washington
Abdoulaye Sèye, ressortissant sénégalais et figure de la CPI, est désormais visé par des sanctions américaines incluant le gel de ses éventuels avoirs aux États-Unis et une interdiction d’entrée sur le territoire américain. Ces mesures surviennent alors qu’il est le candidat officiel du Sénégal pour siéger comme juge à la Cour. Pour Dakar, ces sanctions constituent une pression inacceptable sur un système judiciaire déjà fragilisé par des critiques récurrentes de la part de Washington.
Le Sénégal mobilise la solidarité africaine contre les pressions extérieures
Le gouvernement sénégalais a exprimé sa « pleine solidarité » envers Abdoulaye Sèye et les autres responsables de la CPI visés par les sanctions. Il rappelle que le Sénégal, premier État à avoir ratifié le Statut de Rome, considère la CPI comme un pilier essentiel de la justice pénale internationale. Dakar insiste sur le fait que toute mesure compromettant l’indépendance des magistrats ou du personnel de la Cour affaiblit l’ensemble du système multilatéral.
Washington et la CPI : une opposition récurrente sur la scène internationale
Les États-Unis, non parties au Statut de Rome, ont déjà ciblé la CPI par le passé, notamment en sanctionnant son ancien procureur Karim Khan après sa demande de mandats d’arrêt contre des responsables israéliens pour des crimes de guerre présumés à Gaza. Marco Rubio, secrétaire d’État américain, avait alors qualifié la Cour de « corrompue » et « politisée », des accusations rejetées par la juridiction. La CPI, de son côté, affirme exercer son mandat « avec indépendance et impartialité ».
Vers une coalition africaine pour défendre la CPI ?
Face à ces tensions, le Sénégal annonce son intention de poursuivre les échanges avec ses partenaires africains et internationaux pour préserver l’intégrité et l’efficacité de la CPI. Cette réaction pourrait préfigurer une mobilisation plus large du continent, où plusieurs États partagent les mêmes inquiétudes quant à la souveraineté des institutions judiciaires internationales face aux pressions géopolitiques.