Le gouvernement américain a déclaré qu'à partir du 1er janvier 2027, l'Afrique du Sud et le Rwanda ne feront plus partie de l'African Growth and Opportunity Act (AGOA), privant ainsi ces deux nations d'un accès privilégié aux États‑Unis. Cette décision, annoncée le 2 novembre, s'inscrit dans le cadre de l'examen annuel du programme et repose sur des motifs liés à la corruption, aux droits humains et à la sécurité nationale.
Un examen annuel qui conduit à l'exclusion
L'AGOA, instauré pour favoriser les exportations des pays d'Afrique subsaharienne en les exemptant de droits de douane, doit être renouvelé chaque année. Bien que le programme soit prolongé jusqu'à fin 2028, chaque bénéficiaire doit satisfaire à des critères précis. Selon le représentant du Commerce américain, Jamieson Greer, les deux pays ont été jugés non conformes aux exigences du dispositif, notamment en matière de pratiques commerciales et d'alignement sur les intérêts de Washington.
Motifs invoqués par Washington
Pour le Rwanda, les autorités américaines ont souligné des inquiétudes relatives à l'État de droit, au pluralisme politique, aux droits des travailleurs et aux droits humains. Le cas du Rwanda intervient également après les sanctions américaines du 28 octobre, qui visaient le ministère de la Défense et la banque Zigama pour leur supposé soutien au groupe armé M23 en République démocratique du Congo. Le gouvernement rwandais a nié toute implication.
En ce qui concerne l'Afrique du Sud, la corruption a été mise en avant comme principal facteur d'incompatibilité avec les standards de l'AGOA. Le pays, premier bénéficiaire du programme, avait déjà été alerté par le président Cyril Ramaphosa, qui avait appelé à préparer une éventuelle issue défavorable. Le ministre du Commerce, Parks Tau, avait toutefois plaidé pour le maintien de l'accès, tout en cherchant à diversifier les marchés d'exportation.
Conséquences économiques et stratégies d'adaptation
La perte de l'exonération des droits de douane pourrait affecter les flux commerciaux des deux nations, notamment les exportations de produits manufacturés, agricoles et technologiques vers les États‑Unis. Les entreprises sud‑africaines et rwandaises devront réévaluer leurs chaînes d'approvisionnement et envisager de nouveaux partenaires commerciaux. Pretoria a déjà indiqué qu'elle intensifierait ses efforts pour pénétrer d'autres marchés, tandis que Kigali pourrait chercher à renforcer ses liens avec l'Union européenne et la Chine.
Cette décision souligne également la capacité des États‑Unis à utiliser les accords commerciaux comme levier de politique étrangère, en conditionnant les avantages économiques à des exigences en matière de gouvernance et de sécurité. Les deux pays devront désormais concilier leurs priorités internes avec les attentes de leurs partenaires internationaux afin de préserver leurs intérêts économiques à long terme.