Les États-Unis ont officiellement retiré la Syrie de leur liste des pays accusés de soutenir le terrorisme, mettant fin à 47 ans de désignation restrictive. Cette décision, qui s'inscrit dans une dynamique de levée progressive des sanctions internationales, vise à faciliter la réintégration du pays dans le système financier mondial et à encourager les investissements privés.
La fin d'un isolement économique prolongé
Le retrait de cette liste noire constitue, selon le secrétaire d'État américain Marco Rubio, une étape cruciale pour lever les obstacles majeurs qui pesaient sur l'économie syrienne. En supprimant ces restrictions, Washington cherche à favoriser la reprise économique et à permettre au pays d'attirer des capitaux et des technologies modernes. Cette mesure est perçue par les autorités syriennes, notamment le ministre des Finances Mohammed Barnieh, comme un levier indispensable pour moderniser le système financier national et stabiliser le développement du pays.
Le basculement du statut de Hayat Tahrir al-Sham
Parallèlement à la mesure concernant l'État syrien, le Trésor américain a également retiré le groupe Hayat Tahrir al-Sham (HTS) de sa liste des entités terroristes sous sanctions. Cette décision fait suite à la dissolution des groupes armés annoncée par le président syrien Ahmad al-Chareh après son arrivée au pouvoir en décembre 2024. Le gouvernement américain justifie ce changement par l'évolution du paysage politique syrien, qualifiant désormais Damas de partenaire engagé dans la lutte contre le terrorisme.
Une normalisation soutenue par la communauté internationale
Cette décision américaine s'inscrit dans une tendance globale de normalisation diplomatique et économique entamée depuis 2025. Plusieurs puissances occidentales, dont le Canada et le Royaume-Uni, avaient déjà annulé leurs sanctions, suivies par l'Union européenne en mai 2025. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait d'ailleurs plaidé fin juillet pour une levée totale des mesures restrictives afin de soutenir les efforts de reconstruction. Pour les autorités syriennes, ce tournant diplomatique marque le début d'une ère de réintégration au sein des instances économiques mondiales.