Pour la deuxième année consécutive, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s'est vu refuser un visa d'entrée sur le territoire américain par le département d'État. Cette mesure, qui touche également plusieurs dizaines de hauts responsables palestiniens, entrave la participation physique de la délégation à l'Assemblée générale des Nations unies prévue la semaine prochaine à New York.
Une sanction liée aux engagements politiques
Le département d'État américain justifie ce refus par un manquement aux engagements pris par l'Autorité palestinienne en matière de réformes et par des activités jugées contraires aux perspectives de paix avec Israël. Washington s'appuie notamment sur des dispositions de sa loi sur l'immigration, invoquant des liens avec des organisations qualifiées de terroristes. Cette décision, qui prolonge des sanctions déjà en vigueur, est perçue par Ramallah comme une entrave directe aux efforts de dialogue et à la mise en œuvre de la solution à deux États.
La diplomatie palestinienne sous contrainte
Malgré l'absence physique de Mahmoud Abbas, la représentation palestinienne sera assurée par des diplomates déjà accrédités auprès de l'ONU à New York. Le président palestinien devrait, comme l'an dernier, s'adresser à l'Assemblée générale par visioconférence, un mécanisme dont l'activation est en cours de discussion. Le département d'État a toutefois précisé qu'une dérogation spécifique permettrait aux membres de la mission palestinienne auprès des Nations unies de poursuivre leurs activités sur place.
Un contexte de reconnaissance internationale croissante
Ce blocage intervient alors que la question de la reconnaissance de l'État de Palestine occupe une place centrale dans les débats internationaux. En 2025, plusieurs puissances occidentales, dont la France, le Royaume-Uni, le Canada et l'Australie, ont officiellement reconnu l'État palestinien. Cette dynamique diplomatique, qui voit désormais quatre des cinq membres permanents du Conseil de sécurité soutenir cette reconnaissance, place les États-Unis dans une position isolée. L'an dernier, cette restriction de voyage avait déjà suscité l'indignation de plusieurs dirigeants européens, dont le chef du gouvernement espagnol, qui avait dénoncé une mesure jugée injuste pour la voix de la Palestine dans les instances internationales.