À l'approche du renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies pour le Sahara (MINURSO), les États-Unis, en tant que rédacteurs du projet de résolution, ont introduit des ajustements majeurs. Ces propositions visent à aligner la mission onusienne sur les réalités diplomatiques actuelles, en délaissant l'option référendaire au profit d'une solution politique négociée.
Une mutation vers une mission politique
Le projet américain prévoit une transformation structurelle de la MINURSO, qui pourrait être rebaptisée « Mission politique des Nations unies pour le Sahara occidental ». Ce changement d'appellation acterait l'abandon définitif de l'organisation d'un référendum, une option jugée obsolète depuis deux décennies. Désormais, le mandat se concentrerait sur l'accompagnement du processus politique et le soutien aux mesures de confiance, tout en consacrant la proposition marocaine d'autonomie comme base centrale des négociations.
Assouplissement du calendrier de restructuration
Dans une version amendée distribuée le 26 octobre, Washington a choisi d'étendre le calendrier de mise en œuvre. Le mandat de la mission est désormais envisagé jusqu'au 31 octobre 2027, avec une date butoir fixée au 30 janvier pour la présentation des propositions du Secrétaire général de l'ONU. Cette approche supprime les contraintes initiales, telles que la réduction automatique de la composante militaire de 50 % ou la transformation immédiate de la mission en mai prochain, offrant ainsi une plus grande flexibilité diplomatique aux parties prenantes.
Consultations et développement économique
Le texte introduit également un mécanisme consultatif inédit visant à recueillir les avis des populations sahraouies, qu'elles résident sur le territoire, dans la diaspora ou dans les camps de Tindouf, concernant le plan d'autonomie. Ce dispositif, dont les modalités doivent être présentées par le Secrétaire général sous six mois, ne constitue pas un scrutin référendaire mais un outil de dialogue. Parallèlement, le projet encourage le développement socio-économique de la région, évoquant la création potentielle d'un fonds spécial dédié à l'intégration régionale.
Gestion de la situation humanitaire
Sur le volet humanitaire, le projet de résolution réitère l'exigence d'un enregistrement des réfugiés par le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR). L'objectif affiché est de favoriser des solutions durables, incluant le retour volontaire des populations dans des conditions sécurisées et dignes, tout en supprimant les délais stricts qui avaient été initialement envisagés pour le traitement de ce dossier complexe.