Les États-Unis ont lancé de nouvelles frappes aériennes contre des cibles de la Garde révolutionnaire iranienne (IRGC) mardi, en réponse à des attaques présumées contre leurs forces dans la région et à des tentatives de minage du détroit d’Ormuz. Téhéran, qui dénonce une provocation, menace de riposter « à un niveau bien plus dur », tandis que les tensions s’étendent à l’ensemble du Golfe.
Des frappes américaines ciblées après des attaques contre des bases US
Selon le Commandement central américain (Centcom), les frappes ont débuté à 12h00 ET (16h00 GMT) contre des positions de l’IRGC, accusée d’avoir tenté d’attaquer des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz et des militaires américains déployés dans la région. Ces attaques surviennent après des tirs de missiles iraniens contre des bases américaines en Jordanie et un drone dirigé vers les Émirats arabes unis, en représailles à des frappes américaines précédentes sur l’île de Larak.
Donald Trump, candidat à la présidentielle, a averti que l’Iran subirait des représailles « bien plus dures et plus élevées » en cas de riposte, tout en justifiant les frappes par l’échec iranien à miner le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour le commerce mondial.
Téhéran promet une réponse « massive » et cible les intérêts américains
Les médias d’État iraniens ont rapporté que des missiles et drones avaient été lancés contre des « bases et intérêts américains dans la région », tandis que des explosions étaient signalées à Chabahar, Konarak, Jiroft, Qeshm et Bandar Abbas. Un raid près de Sirik aurait fait quatre morts, dont un enfant de quatre ans, et 50 blessés lors d’un mariage. L’IRGC a prévenu que les États-Unis « regretteraient » ces frappes, sans préciser l’ampleur de sa réponse.
Cette escalade s’inscrit dans un cycle de violences récurrent depuis février, lorsque Washington et Israël avaient mené des frappes massives sur l’Iran, déclenchant une riposte iranienne incluant des attaques contre Israël, des bases américaines et la fermeture temporaire du détroit d’Ormuz au trafic maritime.
Un accord de cessez-le-feu expiré et des sanctions américaines renforcées
Un mémorandum d’entente signé en juin pour prolonger un cessez-le-feu entre les deux pays est désormais caduc, relançant les hostilités. Les États-Unis ont également annoncé le 24 août une nouvelle campagne de sanctions visant à isoler davantage Téhéran et à étendre les mesures secondaires contre ses alliés. Les autorités iraniennes ont minimisé l’impact de ces sanctions, les présentant comme une continuation de mesures économiques déjà en place.
Cependant, le président iranien Masoud Pezeshkian a laissé entendre que son pays pourrait revenir à l’accord si Washington s’engageait à nouveau, une proposition qui reste à concrétiser dans un contexte d’escalade militaire.
Risques d’une escalade incontrôlable dans le Golfe
Les frappes américaines et les menaces de riposte iranienne risquent d’aggraver les tensions dans une région déjà fragilisée par les conflits en Israël, en Syrie et au Yémen. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite près d’un tiers du pétrole mondial, reste un point de friction majeur. Une fermeture prolongée de cette voie maritime pourrait perturber les approvisionnements énergétiques mondiaux et déclencher une crise économique régionale.