Les États-Unis traversent une crise sanitaire majeure avec 5 182 cas de rougeole confirmés depuis le début de l'année 2026. Ce bilan, le plus élevé enregistré par les autorités fédérales depuis 1991, marque un recul préoccupant dans la lutte contre cette maladie pourtant évitable par la vaccination.
Une progression fulgurante des contaminations
Les données publiées par les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) révèlent une accélération brutale de l'épidémie. Alors que l'année 2025 s'était clôturée avec 2 289 cas, le chiffre actuel représente plus du double en moins de douze mois. Cette pathologie hautement contagieuse, qui provoque fièvre, éruptions cutanées et complications respiratoires graves, a déjà causé au moins huit décès, incluant des enfants en bas âge.
Le défi de la couverture vaccinale
Déclarée éradiquée sur le sol américain en 2000 grâce à des campagnes de vaccination systématiques, la rougeole connaît un retour en force inquiétant. Les autorités sanitaires pointent du doigt une baisse constante du taux de vaccination à travers le pays. Ce phénomène est corrélé à une méfiance croissante d'une partie de la population envers les institutions de santé publique, un climat qui fragilise l'immunité collective nécessaire pour prévenir les épidémies.
Controverses politiques et désinformation
La gestion de cette crise est au cœur d'un vif débat politique. Robert Kennedy Jr., secrétaire à la Santé sous l'administration du président Donald Trump, est ouvertement mis en cause pour son rôle dans la propagation de thèses sceptiques sur les vaccins. Ses prises de parole répétées, minimisant la dangerosité de la rougeole et relayant des informations erronées sur les vaccins, sont perçues par de nombreux experts comme un facteur aggravant de la défiance vaccinale actuelle. Avant l'introduction du vaccin au début des années 1960, la rougeole était une cause majeure de mortalité infantile aux États-Unis, une réalité qui menace aujourd'hui de redevenir une préoccupation de santé publique majeure.