Les États-Unis et le Venezuela scellent un pacte pétrolier historique sous l'ère Trump : qui y gagne vraiment ?

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 33 lectures
Les États-Unis et le Venezuela scellent un pacte pétrolier historique sous l'ère Trump : qui y gagne vraiment ?

Washington et Caracas ont officialisé une série d’accords énergétiques majeurs, plaçant les multinationales américaines et italiennes au cœur de la relance pétrolière vénézuélienne, tout en cédant à l’administration Trump un contrôle indirect sur 20% des réserves du pays. Ces partenariats, négociés sous supervision américaine, promettent de redynamiser une industrie en déclin, mais soulèvent des questions sur la souveraineté vénézuélienne et les retombées pour sa population.

Chevron et Eni, nouveaux acteurs clés du pétrole vénézuélien

Le géant américain Chevron, partenaire historique du Venezuela, a obtenu des concessions pour exploiter de nouveaux gisements et vise une production de 600 000 barils par jour d’ici 2031, soit plus du double de son niveau actuel. L’italienne Eni, quant à elle, se voit attribuer le rôle d’opérateur exclusif du champ Junin 5, l’un des plus vastes de la ceinture de l’Orénoque. Ces accords s’accompagnent d’un engagement des entreprises à réinvestir les bénéfices dans l’économie locale, selon les déclarations du ministre américain de l’Énergie, Chris Wright.

Ces partenariats s’inscrivent dans une stratégie de relance de la production vénézuélienne, passée de moins d’un million de barils par jour en début d’année à près de 1,3 million aujourd’hui, une hausse de 30%. Wright a évoqué une production « bien supérieure à deux millions de barils par jour d’ici 2030 », un objectif ambitieux qui dépendra cependant de la stabilité politique et des investissements étrangers.

Washington sécurise 20% des réserves pétrolières : un coup de maître ou une ingérence ?

Parallèlement aux contrats industriels, un accord bilatéral accorde aux États-Unis un contrôle majoritaire sur plus de 65 milliards de barils de pétrole vénézuélien, soit environ un cinquième des réserves du pays. Ce texte prévoit notamment la prise de participation à 35% de l’État américain dans North American Blue Energy Partners (Nabep), deuxième compagnie pétrolière privée du Venezuela. En échange, Washington obtiendra 20% de la production de Nabep, achetée à prix coûtant pour être raffinée aux États-Unis.

Cette manœuvre, qualifiée par Donald Trump de « plus grand accord pétrolier de l’histoire mondiale », vise à stabiliser les prix à la pompe aux États-Unis, un enjeu électoral crucial avant les scrutins de mi-mandat. Les experts tempèrent cependant cet optimisme : les effets concrets de cet accord pourraient mettre plusieurs années à se matérialiser, en raison des infrastructures défaillantes et des sanctions persistantes.

Souveraineté vénézuélienne en question : entre concessions et pressions politiques

Delcy Rodriguez, présidente par intérim du Venezuela, a assuré que Caracas conserverait la souveraineté sur les champs pétroliers exploités par les États-Unis. Pourtant, l’accord avec Nabep, fondée par l’homme d’affaires Alejandro Betancourt – visé par des enquêtes pour blanchiment en Europe –, et la présence américaine dans la gestion des réserves alimentent les critiques sur une perte de contrôle national.

Le pouvoir vénézuélien, soutenu par l’Assemblée nationale et l’armée, mise sur ces partenariats pour relancer l’économie, mais doit composer avec les exigences de Washington. Donald Trump a d’ailleurs conditionné toute avancée démocratique à une « préparation » du pays, repoussant sine die les élections promises. Un premier cycle de dialogue entre gouvernement et opposition, organisé sous l’égide des États-Unis, s’est tenu en août, avec une nouvelle session prévue dans les prochains jours.

GE Vernova, nouveau partenaire pour sauver le réseau électrique

En marge des accords pétroliers, le Venezuela a également signé un partenariat avec GE Vernova, filiale de General Electric, pour moderniser son réseau électrique, l’un des plus défaillants d’Amérique latine. Ce projet, moins médiatisé mais stratégique, pourrait atténuer les coupures chroniques qui paralysent le pays et freinent son développement industriel.

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