Une délégation de cinq athlètes burkinabè, composée de deux hommes et trois femmes, a été accueillie en héros à l’aéroport international de Ouagadougou après avoir remporté huit médailles lors d’un tournoi régional en Afrique de l’Est. Leur performance, saluée par les autorités et les supporters, confirme l’émergence du Burkina Faso dans les sports de combat, tout en révélant un besoin criant de mieux structurer leur préparation.
Un retour triomphal avec huit médailles
Les Étalons lutteurs ont marqué leur passage au Burundi par une troisième place au classement par équipes, décrochant au passage huit médailles : trois en or, deux en argent et trois en bronze. Cette compétition, qui s’est tenue à Bujumbura, a permis aux athlètes burkinabè de briller dans deux disciplines, la lutte libre sur tapis et la lutte sur sable. Leur parcours s’inscrit dans la continuité de leurs précédentes performances, comme celle du Caire en Égypte, où ils avaient déjà remporté une médaille d’argent.
À leur arrivée à Ouagadougou, les cinq représentants ont été accueillis dans une ambiance festive, organisée par l’Union nationale des supporters des Étalons. Cette ferveur populaire reflète l’engouement croissant pour les sports de combat au Burkina Faso, où la lutte occupe une place centrale dans la culture sportive.
Les autorités saluent les athlètes, mais alertent sur les lacunes
Sylvain Compaoré, chargé d’études au secrétariat du ministère chargé des Sports, a exprimé au nom de la ministre la fierté du gouvernement et du peuple burkinabè. « Nous sommes tous fiers de leur performance à cette compétition. Nous leur traduisons également notre engagement pour davantage de succès lors des prochaines compétitions », a-t-il déclaré. Cette reconnaissance officielle souligne l’importance accordée au sport comme levier de cohésion nationale et de rayonnement international.
Cependant, Ousséni Kabré, président de la Fédération burkinabè de lutte, a pointé du doigt un manque de temps de préparation pour les athlètes avant les compétitions. « Il va falloir qu’avant les sorties, nous puissions avoir un temps de regroupement assez conséquent pour préparer nos lutteurs », a-t-il insisté. Il a également souligné l’importance d’un accompagnement accru des autorités pour permettre aux lutteurs de performer à leur plein potentiel.
Les athlètes réclament plus de moyens pour briller encore plus
Kévin Mossé, médaillé d’or, a partagé son expérience et ses attentes : « Nous sommes très fiers d’avoir représenté le Burkina Faso à cette compétition internationale. Nous remercions tous les Burkinabè qui nous ont soutenus du début à la fin. » Il a également formulé une demande précise : « Nous demandons aux premiers responsables de nous accorder davantage de temps de préparation, idéalement trois à quatre semaines avant chaque compétition. »
Ce plaidoyer met en lumière un enjeu clé pour l’avenir de la lutte burkinabè : concilier performance sportive et structuration des moyens. Alors que les Étalons lutteurs confirment leur montée en puissance, leur succès futur dépendra en grande partie de la capacité des autorités à répondre à leurs revendications, notamment en matière de préparation et de soutien logistique.