La transparence financière des entreprises d'État au Ghana progresse, mais la conformité aux normes de gouvernance demeure incomplète. Si la soumission des comptes audités est en nette augmentation, les experts soulignent que cette étape administrative ne peut se substituer à la tenue effective des assemblées générales annuelles.
Une amélioration notable du reporting financier
Le paysage de la gouvernance publique au Ghana affiche des signes de progrès encourageants. Selon les données récentes, le nombre d'entités étatiques ayant soumis leurs états financiers audités a quasiment doublé, passant de 53 à 108 lors du dernier cycle de reporting. Cette dynamique, saluée par Yaw Appiah Lartey, associé chez Deloitte, témoigne d'une volonté accrue de transparence portée par le gouvernement et la State Interests and Governance Authority (SIGA).
L'impératif des assemblées générales
Toutefois, le respect des délais de dépôt ne constitue qu'un volet partiel des obligations de bonne gouvernance. L'expert insiste sur le fait que la simple transmission de documents comptables est insuffisante si elle n'est pas accompagnée d'un processus de validation démocratique interne. La tenue d'assemblées générales annuelles est indispensable pour que les comptes soient réellement scrutés, débattus et approuvés par les instances compétentes. Sans cette étape, le cadre de gouvernance reste incomplet et prive les structures de contrôle de leur pleine efficacité.
Vers une évaluation différenciée des performances
Au-delà de la question des assemblées générales, le débat porte également sur la méthodologie d'évaluation des entités publiques. Yaw Appiah Lartey préconise une approche plus nuancée de la part de la SIGA, suggérant de distinguer les organisations à vocation commerciale de celles dont la mission première est la fourniture de services publics. Cette distinction permettrait d'appliquer des indicateurs de performance plus pertinents, adaptés à la nature spécifique de chaque institution, plutôt que d'imposer un modèle unique de gestion et de contrôle.
Un enjeu de transparence durable
L'enjeu pour les autorités ghanéennes est désormais de transformer cette montée en puissance du reporting en une culture de redevabilité pérenne. L'accent mis sur la rigueur des processus internes vise à renforcer la confiance des citoyens et des partenaires dans la gestion des ressources publiques. La réussite de cette transition dépendra de la capacité des entreprises d'État à intégrer ces exigences de gouvernance non plus comme une contrainte administrative, mais comme un levier de performance opérationnelle.