Une coalition de syndicats d’enseignants menace de paralyser le système éducatif ghanéen si les nouveaux promus ne sont pas reclassés dans leurs grilles salariales d’ici le 31 août 2026. Une deadline fixée par les syndicats, qui accusent l’administration de bloquer une promesse faite aux enseignants.
Un délai non négociable pour les syndicats
Les syndicats d’enseignants du Ghana, regroupés au sein d’une coalition, ont averti qu’ils déclencheraient une grève si les enseignants promus automatiquement ne sont pas placés sur leurs nouvelles grilles salariales avant la fin de la journée du lundi 31 août 2026. Cette exigence intervient après qu’un organisme public, le *Controller and Accountant-General’s Department*, aurait émis une directive allant à l’encontre d’une promesse antérieure faite par le *Ghana Education Service* (GES), selon laquelle les enseignants promus seraient reclassés avant cette date.
Le secrétaire général de la *Ghana National Association of Teachers* (GNAT), Thomas Musah, a souligné que les syndicats n’avaient « aucune autre option » que d’exiger le respect de ce délai. Il a prévenu que si la deadline n’est pas respectée, les enseignants pourraient se mobiliser massivement, sans que les syndicats ne puissent les en empêcher.
Des accusations de manque de transparence et d’illégalité
Thomas Musah a qualifié la directive du *Controller and Accountant-General’s Department* d’« illégale », mettant en garde contre les conséquences d’un non-respect du délai. Il a déclaré que la responsabilité des éventuelles perturbations incomberait aux responsables de l’agence concernée, allant jusqu’à menacer de faire porter la faute au président du Ghana lui-même.
Par ailleurs, le président de la *Pre-Tertiary Teachers Association of Ghana* (PRETAG), Jacob Anaba, a critiqué le GES pour son manque de transparence. Contrairement aux années précédentes, le Service n’a pas publié de données détaillées sur les résultats des examens de promotion, notamment le nombre d’enseignants ayant réussi ou échoué, ni une répartition des candidats promus par grade (Directeur adjoint, Assistant du directeur, Principal Surintendant, etc.).
Un bras de fer aux enjeux multiples
Cette crise illustre les tensions persistantes entre les syndicats d’enseignants et l’administration ghanéenne, autour de la gestion des carrières et des rémunérations. Les enseignants, qui estiment avoir été lésés par des promesses non tenues, pourraient transformer leur mécontentement en action collective. La situation rappelle les défis structurels du secteur éducatif ghanéen, où les retards administratifs et les dysfonctionnements dans le traitement des dossiers de promotion alimentent régulièrement les frustrations.
Si la grève est déclenchée, elle risquerait de perturber l’année scolaire 2026-2027, déjà marquée par des tensions sociales croissantes dans le pays. Les syndicats, déterminés à faire respecter leurs revendications, pourraient forcer le gouvernement à accélérer les réformes dans la gestion des ressources humaines du secteur éducatif.