Le débat sur l'organisation du temps scolaire dans le cycle primaire marocain s'intensifie. L'Union nationale de l'enseignement conteste formellement le maintien du samedi comme jour travaillé, y voyant une contradiction directe avec les dispositions réglementaires régissant le temps de travail des fonctionnaires de l'État.
Un conflit juridique autour du décret 2.05.916
Au cœur de la discorde se trouve le décret n° 2.05.916, qui fixe les horaires de travail dans les administrations publiques du lundi au vendredi. Le syndicat soutient que cette disposition doit s'appliquer aux enseignants du primaire, faisant du samedi un jour de repos hebdomadaire légal. Pour l'organisation, le maintien du travail le samedi ne repose sur aucune nécessité impérieuse justifiant le recours à l'exception prévue par l'article 3 du texte. Cette situation est perçue comme une entorse à la réglementation en vigueur, poussant le syndicat à interpeller directement le ministre de l'Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, Mohamed Saad Berrada.
La revendication d'un cadre national unifié
Au-delà de la question du samedi, les enseignants dénoncent l'absence de directives ministérielles claires, les contraignant souvent à élaborer eux-mêmes leurs emplois du temps. Une pratique qu'ils jugent incompatible avec les missions définies par l'article 15 du statut particulier des fonctionnaires du ministère, adopté en février 2024. Le syndicat exige la publication rapide d'un guide pratique unifié, similaire à celui de 1995, afin d'harmoniser les horaires sur l'ensemble du territoire et de garantir une conformité stricte avec le cadre légal.
Une proposition de réorganisation horaire
Pour répondre aux enjeux pédagogiques tout en respectant le cadre réglementaire, le syndicat propose une répartition quotidienne limitée à 3 heures et 45 minutes d'enseignement. Cette organisation prévoit deux séances matinales (8 h 30 - 10 h 15 et 10 h 30 - 12 h 15) et deux séances l'après-midi (12 h 45 - 14 h 30 et 14 h 45 - 16 h 30). Selon les calculs de l'organisation, ce modèle permettrait d'atteindre un volume hebdomadaire de 18 heures et 15 minutes réparties sur cinq jours, assurant ainsi un équilibre entre les exigences du service public et le respect du statut des enseignants.