À Ouagadougou, un collectif d’enseignants burkinabè a choisi de s’immerger dans l’héritage révolutionnaire de Thomas Sankara pour repenser leur rôle et enrichir leur pratique pédagogique. Une démarche qui dépasse la simple visite touristique pour s’inscrire dans une volonté de revalorisation du métier d’enseignant et de transmission vivante de l’histoire nationale.
Un pèlerinage pédagogique au cœur de la mémoire sankarienne
Samedi 29 août 2026, le collectif des enseignants burkinabè a visité le Mémorial Thomas Sankara à Ouagadougou, marquant le point d’orgue d’une tournée culturelle et historique entamée quelques jours plus tôt. L’objectif affiché ? S’approprier l’héritage du capitaine Sankara, figure emblématique de la Révolution burkinabè, et s’en inspirer pour redynamiser l’enseignement dans le pays. « Nous voulons nous replonger dans l’histoire de la Révolution, comprendre son parcours, son vécu et ses actions pour le développement du Burkina Faso », a expliqué Fatimata Lankoandé, présidente du collectif, lors de cette visite.
Réhabiliter l’enseignant par la connaissance et l’action
Cette initiative, organisée en partenariat avec Faso Tourisme, s’inscrit dans une stratégie plus large de revalorisation du métier d’enseignant. Pour le collectif, la restauration de l’image de l’enseignant passe par deux leviers : l’excellence pédagogique et une maîtrise approfondie du patrimoine national. « Nous cherchons à approfondir nos connaissances pour mieux enseigner », souligne Fatimata Lankoandé, insistant sur le rôle des sites historiques comme supports vivants pour rendre l’enseignement plus concret et attractif pour les élèves. Les vacances scolaires sont ainsi mises à profit pour des recherches et des découvertes, transformant le temps libre en opportunité de formation continue.
Une tournée historique et pédagogique à travers le Burkina
La délégation, composée d’enseignants du préscolaire, du primaire, du secondaire et du supérieur, a déjà sillonné plusieurs sites emblématiques. Après des arrêts à Samandéni et au Mausolée Guimbi Ouattara, ainsi qu’une conférence à Bobo-Dioulasso sur le thème « Comment l’éducateur peut-il contribuer à restaurer son image ? », les enseignants se rendent désormais au Musée national de Ouagadougou. Cette immersion dans l’histoire et la culture burkinabè vise à renforcer leur capacité à transmettre une mémoire collective aux générations futures, tout en renforçant leur propre légitimité sociale.
L’éducation comme levier de transformation sociale
Au-delà de la dimension mémorielle, cette tournée illustre une réflexion plus profonde sur le rôle de l’école dans la construction nationale. En s’appuyant sur des figures comme Sankara, dont les réformes éducatives et sociales restent une référence, les enseignants cherchent à ancrer leur pratique dans une vision de développement endogène. « Les sites historiques sont des outils pour rendre l’enseignement plus vivant », rappelle Fatimata Lankoandé, soulignant que cette démarche pourrait inspirer d’autres acteurs du secteur à adopter des méthodes pédagogiques innovantes, centrées sur l’identité et les défis contemporains du Burkina Faso.