Une frappe de drone menée par les Émirats arabes unis dans le col de Galgala, au Puntland, marque le retour d'une implication militaire directe d'Abou Dabi contre les insurgés shebab après près d'un an de pause. Cette opération souligne la persistance de l'insurrection dans le nord du pays et met en lumière les dynamiques sécuritaires complexes entre les puissances étrangères et les autorités somaliennes.
Une intervention ciblée dans le Puntland
L'opération a été déclenchée en réponse à une tentative des shebab de poser des engins explosifs improvisés en bord de route, visant les forces militaires locales. Les drones, déployés depuis la base émiratie située à l'aéroport de Bossasso, ont permis de neutraliser quatre insurgés, dont deux ont été blessés par le tir avant d'être achevés par des paramilitaires locaux. Cette action intervient alors que les autorités du Puntland préparent une nouvelle offensive contre les bastions islamistes situés dans les montagnes Al-Madow.
Des relations diplomatiques sous tension
Si cette frappe s'inscrit dans la lutte commune contre le terrorisme, elle se déroule dans un climat politique délicat. Les relations entre le gouvernement fédéral de Mogadiscio et les Émirats arabes unis sont marquées par des désaccords profonds, notamment en raison du soutien apporté par Abou Dabi à des administrations régionales en conflit avec le pouvoir central, comme le Somaliland. Le gouvernement fédéral n'a d'ailleurs émis aucun commentaire officiel sur cette intervention, illustrant la méfiance persistante dans un contexte de tensions électorales nationales.
L'incertitude sur le soutien international
Cette reprise des opérations émiraties survient à un moment charnière pour la sécurité somalienne. La coalition internationale, pilier de la lutte contre les shebab depuis deux décennies, fait face à des interrogations majeures sur son avenir. L'annonce par les États-Unis de l'arrêt du financement de l'Unsos, l'opération logistique des Nations unies, d'ici la fin de l'année, fragilise les perspectives de coordination sécuritaire. Dans ce cadre, l'autonomie des interventions régionales, appuyées par des partenaires étrangers, pourrait devenir une composante plus fréquente, bien que politiquement sensible, de la stratégie de lutte contre l'insurrection.