Les scrutins régionaux qui se tiennent ce dimanche en Allemagne font peser une menace inédite sur la CDU de Friedrich Merz. Entre le risque d'une éviction historique du parlement dans le nord-est et une possible victoire de la gauche radicale à Berlin, le parti conservateur traverse une zone de turbulences électorales majeure.
La menace d'une sortie de scène dans le nord-est
Dans le Land du nord-est, la situation de la CDU est critique. Alors que la sociale-démocrate Manuela Schwesig parvient à maintenir une dynamique positive malgré les difficultés nationales du SPD, le candidat conservateur peine à convaincre. Les projections électorales suggèrent un scénario inédit : la possibilité que la CDU ne franchisse pas le seuil des 5 % nécessaires pour siéger au parlement régional. Une telle défaite constituerait un désastre symbolique et politique pour la formation de Friedrich Merz, marquant une première historique dans ce Land.
Berlin face à une possible bascule à gauche
Parallèlement, la capitale allemande pourrait connaître un basculement politique significatif. La candidate de Die Linke, Elif Eralp, est en position de force dans les sondages avec 22 % des intentions de vote. En s'appuyant sur une stratégie de proximité inspirée de modèles new-yorkais, elle pourrait accéder à la mairie rouge (Rotes Rathaus) avec le soutien potentiel des Verts et du SPD. Ce succès marquerait l'arrivée de la première maire d'extrême gauche à la tête de la métropole depuis la réunification allemande.
La crise du logement comme catalyseur électoral
Au cœur de la campagne berlinoise, la question du logement s'est imposée comme l'enjeu central pour une population composée à 85 % de locataires. Face à une hausse des loyers dépassant 40 % en une décennie, atteignant 15,84 euros par mètre carré, Elif Eralp a fait de la nationalisation de 220 000 logements détenus par des investisseurs privés son argument principal. Cette proposition, qui fait écho à un référendum de 2021 favorable à une telle mesure, cristallise les attentes des électeurs berlinois et illustre le fossé entre les préoccupations sociales immédiates et la ligne politique portée par les conservateurs.