Les drones russes transforment les civils ukrainiens en cibles : quand la guerre se fait chasse à l’homme

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 24 lectures
Les drones russes transforment les civils ukrainiens en cibles : quand la guerre se fait chasse à l’homme

Depuis deux ans, les drones russes à courte portée traquent méthodiquement les civils ukrainiens dans des régions proches du front, transformant la guerre en une chasse à l’homme organisée. Une pratique désormais qualifiée de « safari humain » par les observateurs, qui s’étend bien au-delà de Kherson, épicentre de cette tactique.

Un cycliste ukrainien tué en direct : la preuve d’une pratique systématique

Une vidéo publiée le 21 août 2026 par le compte officiel Telegram du 3e Corps de l’armée russe montre un jeune Ukrainien à vélo, pris pour cible par un drone dans la région de Kramatorsk. Le militaire russe affirme avoir éliminé un « combattant ennemi », mais les images et les témoignages contredisent cette version : le cycliste, en civil et sans arme, ne représentait aucune menace. Le média indépendant russe Astra a dénoncé un mensonge flagrant, tandis que des personnalités comme Garry Kasparov ont partagé la séquence pour alerter sur la cruauté de ces attaques.

Moins de 48 heures après sa diffusion, la vidéo a été retirée, probablement en raison de l’écart entre les affirmations officielles et la réalité des images. Pourtant, ce cas illustre une pratique désormais récurrente : les « safaris humains », où des drones russes guidés à distance traquent des civils pour les éliminer.

Kherson, laboratoire d’une terreur méthodique

Les premiers « safaris humains » ont été documentés en juillet 2024 dans la région de Kherson, ville libérée par l’Ukraine fin 2022. Depuis la rive opposée du Dniepr, les forces russes utilisent des drones à courte portée pour frapper des civils, des infrastructures médicales et des commerces. L’objectif ? Rendre la vie insupportable pour ceux qui refusent de fuir, poussant à des déplacements forcés de population.

Les témoignages recueillis par l’ONU et des médias indépendants décrivent une population terrorisée : les habitants évitent de sortir par beau temps, les automobilistes roulent à toute vitesse pour échapper aux drones, et certains omettent même d’attacher leur ceinture de sécurité pour gagner quelques secondes en cas d’attaque. Selon la Commission d’enquête internationale de l’ONU, au moins 150 civils ont été tués et des centaines d’autres blessés dans la région de Kherson depuis fin 2024 à cause de ces drones.

L’ONU qualifie les attaques de « crimes contre l’humanité »

L’Organisation des Nations unies a officiellement qualifié ces pratiques de « crimes de guerre » et de « crimes contre l’humanité ». Les experts soulignent que ces attaques ne sont pas le fait d’éléments isolés, mais d’une stratégie tolérée, voire assumée, par l’armée russe. Les opérateurs de drones, dont les flux vidéo sont transmis en temps réel, ciblent délibérément des civils vulnérables – personnes âgées, enfants, ou simples passants – pour « entraîner » les soldats et tester leur obéissance.

Certains officiers russes utilisent même ces vidéos comme outils de propagande, les présentant comme des preuves de l’élimination de « combattants ennemis » pour inciter à des dons via des campagnes de financement participatif. Une stratégie qui, selon les spécialistes, pourrait inspirer d’autres conflits en raison de son faible coût et de son efficacité à semer la terreur.

Une tactique qui s’étend et menace de se généraliser

Si Kherson reste l’épicentre de ces attaques, des cas similaires ont été documentés dans d’autres régions ukrainiennes, comme Soumy et Kharkiv. Les experts craignent que cette méthode, déjà qualifiée de « crimes de guerre low-cost », ne se répande ailleurs, faute de sanctions internationales suffisantes. « Ces drones ne sont pas chers, faciles à produire, et laissent les populations civiles sans défense », alerte Olga Tokariuk, spécialiste de l’Ukraine.

La communauté internationale, jusqu’ici peu réactive, commence à s’émouvoir. Mais pour les civils ukrainiens pris pour cible chaque jour, le temps presse : chaque sortie peut être la dernière.

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