Les services des douanes burkinabè ont mis en échec une tentative d'introduction illégale de 150 000 comprimés de Tapentadol, un puissant antalgique détourné de son usage médical. Cette saisie, évaluée à plus de 295 millions de francs CFA, met en lumière les circuits de contrebande qui exploitent les axes de transit régionaux pour alimenter des marchés informels, notamment dans les zones d'orpaillage.
Une dissimulation sous couvert de transport industriel
La cargaison a été interceptée à la frontière avec le Togo, alors qu'elle était acheminée sous une cargaison de clinker, un matériau utilisé dans la fabrication du ciment. Le propriétaire de la marchandise, un commerçant, a reconnu avoir utilisé ce subterfuge pour contourner les contrôles douaniers. Selon ses déclarations, le Burkina Faso ne constituait qu'une étape de transit pour ces produits, dont la destination finale était la Côte d'Ivoire. Le suspect a admis avoir déjà réussi à faire transiter des produits similaires à deux reprises par le passé.
Les risques sanitaires et sociaux du détournement médicamenteux
Le Tapentadol, un opioïde puissant, est au cœur de cette saisie en raison de son usage détourné comme produit dopant. Le propriétaire a révélé que ces comprimés sont particulièrement prisés sur les sites d'orpaillage, où ils sont utilisés pour accroître artificiellement les capacités physiques des travailleurs. Le directeur général des douanes, le Dr Yves Kafando, a vivement dénoncé cette pratique, qualifiant ces produits d'extrêmement dangereux pour la santé de la jeunesse et soulignant la cupidité des réseaux de trafiquants qui privilégient le profit au détriment de la sécurité publique.
Rigueur judiciaire face aux tentatives de corruption
Lors de l'interception, le propriétaire de la marchandise a tenté de corrompre les agents des douanes en leur proposant une somme de 2,5 millions de francs CFA pour obtenir la libération de sa cargaison. Cette tentative a été immédiatement rejetée par les fonctionnaires. Le camion, son chauffeur et le commanditaire ont été placés sous la main de la justice. Le directeur général des douanes a réitéré sa fermeté, affirmant que l'administration douanière intensifiera ses efforts pour démanteler ces réseaux et que les contrevenants s'exposent désormais à la pleine rigueur de la loi burkinabè.