Deux employés de l'ONU, détenus depuis le 9 août dans la ville de Herat, ont été libérés jeudi matin par les autorités talibanes. Leur arrestation, sans motif officiel, soulève des questions sur le respect des immunités internationales et la sécurité des travailleurs humanitaires en Afghanistan.
Une libération sans justification claire
Les deux hommes, dont l'identité n'a pas été révélée, ont été arrêtés le 9 août dans la ville de Herat, située à l'ouest de l'Afghanistan. Selon un communiqué de l'ONU, ils ont été libérés jeudi matin et se portent bien. Pourtant, aucune explication officielle n'a été fournie par les autorités talibanes quant aux raisons de leur détention. L'ONU a indiqué n'avoir reçu aucune notification formelle des motifs de leur arrestation, bien que des charges aient apparemment été abandonnées.
Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de restrictions croissantes imposées par les talibans aux organisations internationales. Depuis leur prise de pouvoir en 2021, les autorités afghanes ont multiplié les mesures limitant les activités des agences onusiennes, notamment dans les domaines des droits humains et de l'éducation des femmes.
Un climat de méfiance persistant pour les travailleurs humanitaires
L'incident rappelle les récentes disparitions forcées signalées par Human Rights Watch, concernant six membres d'une organisation locale œuvrant pour les droits des femmes et des enfants. Ces cas illustrent une tendance inquiétante à la restriction des libertés et à l'opacité des procédures judiciaires en Afghanistan.
L'ONU a réaffirmé son intention de suivre de près cette situation pour garantir le respect des immunités de ses personnels et leur sécurité sur le terrain. « Nous sommes ravis qu'ils aient été libérés et qu'ils ne fassent plus face à des problèmes judiciaires », a déclaré le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, lors d'une conférence de presse à New York.
L'Afghanistan sous pression internationale et humanitaire
Cette libération intervient alors que l'Afghanistan fait face à une crise humanitaire aggravée par la réduction drastique de l'aide internationale. Le retrait des forces étrangères en 2021 a laissé le pays dans une situation économique et sociale précaire, avec des millions de rapatriés depuis l'Iran et le Pakistan. Les agences onusiennes, bien que toujours actives, voient leurs marges de manœuvre réduites par les restrictions imposées par les talibans.
Le mandat de la Mission d'assistance des Nations unies en Afghanistan (UNAMA) inclut la promotion des droits humains, l'égalité des genres et la stabilité économique. Pourtant, les mesures récentes des autorités afghanes, comme l'interdiction de l'éducation des filles au-delà du primaire ou l'exclusion des femmes de la plupart des emplois, compliquent la mise en œuvre de ces objectifs.