Le parti béninois Les Démocrates a suspendu 20 de ses responsables dans le département du Littoral pour des motifs d’indiscipline, de dénigrement et de sabotage, illustrant les profondes tensions internes qui minent sa recomposition avant son congrès d’octobre 2026.
Une sanction collective pour des actes graves
Vingt coordonnateurs, secrétaires et trésoriers des 15ᵉ et 16ᵉ circonscriptions électorales du Littoral ont été suspendus par une décision signée le 24 août 2026. Le texte, émanant du vice-président du parti chargé de cette région, Gafari Adéchokan, invoque des actes d’indiscipline, de dénigrement des dirigeants et de sabotage, notamment via des canaux électroniques. Les responsables visés sont accusés de ne pas avoir respecté les décisions prises lors des Conseils Nationaux des 22 mars et 4 avril 2026, en violation des statuts et du règlement intérieur du parti.
Une liste de 20 noms et des responsabilités clés
Parmi les suspendus figurent des figures locales comme Prosper Dossou (coordonnateur adjoint de la 15ᵉ circonscription), Pascal Hodonou (secrétaire administratif) ou encore Félix Amoussou (secrétaire à la communication). La 16ᵉ circonscription compte également des responsables sanctionnés, dont Joseph Sètèmèdé (secrétaire administratif) et Séverine Agotanou (trésorière du CCE). La décision, applicable immédiatement, abroge toute mesure antérieure et doit être largement diffusée selon le document.
Un parti en pleine recomposition après des départs en cascade
Cette purge intervient dans un contexte de crise profonde pour Les Démocrates. Fin octobre 2025, six députés, dont Michel Sodjinou, avaient quitté le groupe parlementaire, réduisant la représentation du parti de 28 à 22 sièges. En mars 2026, le fondateur Boni Yayi et son fils Chabi Yayi avaient démissionné de la présidence pour raisons de santé. Nourénou Atchadé avait ensuite pris la tête du parti en avril, après une bataille judiciaire contre Éric Houndété. Début août, une autre responsable, Nadine Okoumassoun, avait également quitté le parti. Un meeting de remobilisation organisé à Parakou le 16 août visait à resserrer les rangs avant le congrès ordinaire prévu en octobre 2026.
Un congrès sous haute tension
La suspension des 20 responsables du Littoral révèle les fractures internes qui persistent au sein du parti, alors que Les Démocrates, fondés en 2019, avaient été la première force d’opposition à l’Assemblée nationale après les législatives de 2023. Leur représentation parlementaire s’est effondrée lors des élections de janvier 2026, où ils ont perdu tous leurs sièges. À deux mois du congrès, cette décision pourrait préfigurer une restructuration radicale ou, au contraire, aggraver les divisions internes.