Alors que l’inflation et le pouvoir d’achat dominent la campagne des élections de mi-mandat aux États-Unis, les démocrates tentent de faire annuler les derniers droits de douane imposés par Donald Trump au Canada. Un projet de loi symbolique, mais qui pourrait peser dans les urnes.
Un texte pour défier Trump et les républicains
Le chef de la minorité au Sénat américain, Chuck Schumer, s’apprête à déposer un projet de loi visant à abroger les droits de douane imposés par l’administration Trump sur les produits canadiens. Ces mesures, justifiées par des allégations de travail forcé dans les chaînes d’approvisionnement, ont été étendues en juillet à des dizaines de pays, dont le Canada. Schumer dénonce une « guerre commerciale chaotique » qui pénalise les familles, les agriculteurs et les industriels américains, alors que les républicains, majoritaires au Congrès, semblent réticents à s’opposer à Trump.
Des tarifs douaniers impopulaires et contestés
Les droits de douane, incluant des hausses de 50 % sur des produits comme le miel ou le ciment, ont provoqué une réaction immédiate du Canada, qui menace de riposter avec ses propres mesures. Un sondage Reuters/Ipsos révèle que 80 % des Américains s’y opposent, tandis que des républicains comme le gouverneur du Vermont, Phil Scott, qualifient l’initiative de « décevante ». Même au sein du parti de Trump, des voix s’élèvent, comme celle du candidat au poste de gouverneur du Wisconsin, Tom Tiffany, qui refuse le changement de nom du lac Ontario en « lac d’Amérique ».
Un enjeu électoral pour les États frontaliers
Ces tensions commerciales pourraient peser dans les États clés comme le Michigan, le Maine ou l’Ohio, où les échanges avec le Canada sont vitaux. Les démocrates misent sur ce dossier pour mobiliser un électorat préoccupé par l’inflation et le coût de la vie, alors que la guerre commerciale avec l’Iran aggrave la hausse des prix de l’essence. Le projet de loi, coparrainé par 14 sénateurs démocrates, s’inscrit dans une stratégie plus large pour reprendre le contrôle du Congrès sur les questions commerciales, actuellement entre les mains de l’exécutif.
Un symbole plus qu’une victoire attendue
Malgré son soutien bipartisan partiel et son impact limité sur le plan législatif – le Congrès républicain et le veto présidentiel rendent son adoption improbable –, ce texte envoie un message politique fort. Il permet aux démocrates de critiquer la gestion économique de Trump et de proposer une alternative, alors que les républicains peinent à se distancier d’un président dont les mesures commerciales restent très impopulaires. Une stratégie risquée, mais potentiellement payante en novembre.