Le parti d’opposition Les Démocrates tient son deuxième congrès ordinaire à Porto‑Novo les 10 et 11 octobre, avec pour objectif principal l’élection d’un nouveau président et la reconstruction d’une structure interne ébranlée par plusieurs départs récents.
Un rassemblement décisif pour relancer la formation
La séance d’ouverture a réuni une salle comble, témoignant de l’intérêt des militants malgré l’absence d’élus au parlement. Le président par intérim, Nourénou Atchadé, a profité de l’occasion pour rappeler la nécessité de « restaurer la cohésion interne, retrouver le sens du collectif et renforcer la gouvernance du parti ». Cette prise de parole s’inscrit dans une volonté affichée de repositionner Les Démocrates comme force politique crédible face au gouvernement de Patrice Talon.
Départs successifs et leurs répercussions
Depuis la dernière campagne présidentielle, le parti a vu son fondateur, l’ancien président Boni Yayi, se retirer pour raisons de santé, et plusieurs cadres clés rejoindre la campagne du candidat soutenu par le président sortant, Romuald Wadagni. Plus récemment, l’ex‑vice‑président Éric Houndété et une vingtaine de membres ont quitté la formation à la veille du congrès. Selon Fiacre Adda, l’un des organisateurs, ces membres étaient déjà suspendus et ont quitté le mouvement pour « faire l’actualité », ce qui, selon lui, ne remet pas en cause la stabilité du parti.
Solidarité régionale et perspectives de gouvernance
Le congrès a également accueilli des délégations du Parti des peuples africains‑Côte d’Ivoire et du Parti social‑démocrate du Nigeria, soulignant la dimension panafricaine du combat que Les Démocrates souhaitent mener : la défense de la démocratie et de la justice sociale. Le programme du congrès prévoit l’adoption de résolutions visant à améliorer les mécanismes de décision interne et à établir un calendrier pour l’élection du successeur de Boni Yayi, dont les candidats restent à identifier. Les décisions prises lors de ces deux jours seront scrutées de près par les observateurs nationaux et internationaux, qui évaluent la capacité de l’opposition béninoise à se structurer avant les prochaines échéances électorales.