Le ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, Alioune Dione, propose de transformer les dahiras sénégalaises en leviers d’autonomisation économique. Une initiative présentée lors du Gamou de Tivaouane qui pourrait redéfinir le rôle des structures communautaires dans la création d’emplois et de richesses locales.
Des structures communautaires comme incubateurs économiques
Les dahiras, déjà organisées autour de la solidarité et de la mobilisation collective, pourraient désormais accueillir des activités génératrices de revenus. Le projet de CPS-Dahiras (Coopératives de Promotion Sociale intégrées aux dahiras) vise à exploiter leur capital social – ressources humaines, financières et relationnelles – pour soutenir l’entrepreneuriat local. Contrairement à une logique purement marchande, l’objectif reste de préserver leur vocation spirituelle tout en favorisant l’autonomie économique des communautés.
Tivaouane, premier laboratoire d’une économie ancrée dans le territoire
La ville de Tivaouane, haut lieu spirituel du Sénégal, servira de terrain d’expérimentation. Le recensement des filières porteuses (maraîchage, artisanat, transformation agroalimentaire), des entrepreneurs et des besoins locaux précédera la mise en place des premières CPS-Dahiras. Une évaluation permettra ensuite d’envisager une extension à d’autres foyers religieux du pays. Plusieurs outils sont prévus : incubateurs d’économie sociale, mécanismes de financement dédiés et Boutiques solidaires pour faciliter l’accès aux marchés.
Diaspora et digitalisation : deux leviers complémentaires
Le ministre a également évoqué le potentiel des dahiras installées à l’étranger, comme celle de Bilbao en Espagne, pour développer l’économie sociale et solidaire au sein de la diaspora. Par ailleurs, la digitalisation des coopératives et l’accompagnement des jeunes et des femmes figurent parmi les priorités du ministère, avec une convention de partenariat envisagée avec la Cellule Zawiya Tidiane pour structurer ces initiatives.
De la solidarité d’accompagnement à l’autonomie économique
Cette proposition s’inscrit dans la continuité de l’initiative « Une Dahira, une activité économique », lancée le 16 août 2026 à Tivaouane. Alioune Dione insiste sur une transition : passer d’une solidarité centrée sur l’aide à une solidarité favorisant l’autonomie, sans rompre avec l’identité spirituelle des dahiras. Un modèle qui pourrait inspirer d’autres pays africains où les structures communautaires jouent un rôle clé dans le développement local.