La troisième promotion des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) de Thiès a officiellement lancé sa rentrée académique 2026-2027, marquant une nouvelle étape dans la construction d’un modèle d’excellence éducative au Sénégal. Mais derrière cette avancée symbolique se profile un défi structurel : l’augmentation des effectifs, rendue impossible sans des infrastructures adaptées.
Un modèle d’excellence en construction depuis 2022
Créées en 2022, les CPGE de Thiès s’inscrivent dans une logique de rétention des talents nationaux et de promotion des filières scientifiques de pointe. Le directeur de l’établissement, le professeur Magaye Diop, rappelle que ce programme repose sur une coopération internationale stratégique entre le Sénégal, la France et la Tunisie. Deux filières principales – Mathématiques-physique et sciences de l’ingénieur, ainsi que Physique-chimie – ont été mises en place pour préparer les étudiants aux concours d’ingénierie les plus exigeants, tant au Sénégal qu’à l’étranger.
Les deux premières promotions ont déjà franchi cette étape avec succès, intégrant des écoles d’ingénieurs de renom. Cependant, le succès croissant du dispositif soulève une question cruciale : comment absorber une demande toujours plus forte sans infrastructures dédiées ?
Des effectifs en hausse, mais des capacités limitées
Le principal enjeu pour les CPGE de Thiès réside désormais dans la montée en puissance de leurs effectifs. Selon le Pr Diop, cette croissance est entravée par l’absence de bâtiments dédiés, notamment un complexe pédagogique et social en construction. L’hébergement actuel des CPGE au sein de l’École polytechnique de Thiès (EPT) limite leurs ressources pédagogiques et sociales, freinant ainsi leur développement. La quatrième phase du projet prévoit d’ailleurs la duplication de ce modèle d’excellence dans d’autres pôles territoriaux, une ambition qui dépendra largement de la résolution de cette problématique.
Le directeur a également souligné que le modèle des CPGE est évalué par des experts internationaux de l’Association pour l’enseignement des sciences autour du monde (Aesm), un gage de qualité qui renforce la crédibilité du dispositif. Pourtant, sans infrastructures adaptées, cette excellence académique risque de rester inaccessible à une majorité de bacheliers talentueux.
Une coopération internationale sous tension
La réussite des CPGE de Thiès repose en partie sur un partenariat tripartite entre le Sénégal, la France et la Tunisie. Ce modèle, qui combine expertise pédagogique et reconnaissance internationale, a permis aux étudiants de se préparer efficacement aux concours d’ingénierie. Cependant, l’urgence des infrastructures met en lumière les limites de cette coopération : sans investissements locaux rapides, le projet pourrait perdre en attractivité face à d’autres initiatives similaires en Afrique.
Les prochains mois seront décisifs pour évaluer la capacité des autorités à répondre à cet appel. La livraison des infrastructures promises pourrait non seulement désengorger les effectifs, mais aussi servir de levier pour étendre ce modèle à d’autres régions du Sénégal, voire au-delà.