Le programme « Identité Culturelle » a consacré son dernier épisode à la communauté Topoke d’Isangi, dans la province de la Tshopo, pour explorer leurs rites de mariage, leurs positions sur la polygamie et les saveurs qui caractérisent leur cuisine traditionnelle.
Rites matrimoniaux et rôle des aînés
Les invités Charles Badin Bongama et Alphonse Bokobe Beligo ont expliqué que le mariage coutumier chez les Topoke s’articule autour d’une série de cérémonies symboliques. Le processus débute par la négociation entre les familles, où les aînés interviennent comme médiateurs afin de garantir le respect des alliances ancestrales. La dot, appelée « mbongo », est évaluée en fonction de la capacité économique du futur époux et sert à renforcer les liens entre les clans. La cérémonie officielle se déroule ensuite sous la forme d’une danse collective, où chaque pas raconte une histoire de solidarité et d’engagement.
Polygamie : perception et cadre communautaire
Sur la question de la polygamie, les deux interlocuteurs ont souligné que, bien que la pratique soit historiquement ancrée dans la culture Topoke, elle est aujourd’hui perçue différemment selon les générations. Les aînés la considèrent comme un mécanisme de soutien mutuel et de protection des veuves, tandis que les jeunes, exposés aux normes juridiques nationales et aux débats sur l’égalité des sexes, expriment davantage de réserves. Aucun cadre légal interne n’est imposé ; la décision repose sur le consentement mutuel des parties et sur la capacité du mari à subvenir aux besoins de plusieurs foyers.
Gastronomie Topoke : plats emblématiques et symbolique
La gastronomie a occupé une place centrale de la discussion. Parmi les mets cités, le « mbika », un ragoût à base de manioc et de poisson fumé, représente le partage et la convivialité. Le « saka‑saka » (feuilles de manioc) est souvent préparé lors des fêtes de mariage, symbolisant la fertilité et la prospérité. Les convives sont invités à manger avec les mains, geste qui rappelle le lien direct entre le corps et la terre. Les recettes sont transmises oralement, chaque génération ajoutant des variantes selon les récoltes et les influences extérieures.
Valeurs collectives et transmission culturelle
Enfin, les intervenants ont rappelé que les traditions du Topoke reposent sur des valeurs de respect, de solidarité et de transmission intergénérationnelle. L’émission, animée par Rosalie Masika Zawadi, a mis en avant l’importance de préserver ces pratiques face à la modernisation et aux migrations urbaines. Selon les participants, la culture Topoke reste un repère identitaire qui renforce la cohésion sociale au sein de la communauté d’Isangi et contribue à la diversité culturelle du Congo.