Les constructeurs automobiles chinois ont franchi une étape majeure sur le marché européen en août 2026, atteignant une part de marché globale de 11 %. Cette progression spectaculaire repose sur une stratégie de pivot vers les motorisations hybrides, une catégorie qui échappe actuellement aux droits de douane punitifs imposés par Bruxelles sur les véhicules 100 % électriques produits en Chine.
Une percée stratégique sur le segment hybride
La montée en puissance des marques telles que BYD, MG et Jaecoo s'appuie sur une exploitation habile des failles réglementaires. Alors que les modèles tout-électriques subissent des surtaxes renforcées, les hybrides et hybrides rechargeables demeurent exemptés. En août 2026, les constructeurs chinois ont ainsi capté 25,45 % des ventes d'hybrides en Europe et un tiers des immatriculations d'hybrides rechargeables. Cette performance marque une progression fulgurante, ces derniers ne représentant que 3 % du marché de l'hybride rechargeable l'année précédente.
Des disparités géographiques marquées
L'adoption de ces véhicules varie considérablement selon les pays. Le Royaume-Uni affiche une pénétration supérieure à 20 % pour les marques chinoises, tandis que l'Allemagne, marché automobile majeur, enregistre une part de 6,4 %. En France, la situation demeure plus contrastée : malgré une réorientation massive de l'offre vers l'hybride — qui représente 83,6 % des ventes de MG et 60 % de celles de BYD au premier semestre 2026 — les marques chinoises plafonnent à environ 5 % du marché national.
La relocalisation industrielle comme levier de pérennité
Conscients que l'Union européenne pourrait étendre ses mesures protectionnistes aux motorisations hybrides, les géants chinois accélèrent leur implantation industrielle sur le sol européen. BYD a entamé des essais de production dans son usine hongroise de Szeged, visant un démarrage en série d'ici la fin de l'année. Parallèlement, des alliances stratégiques se multiplient : Chery a relancé l'ancien site Nissan de Barcelone avec le groupe Ebro, tandis que Stellantis et Leapmotor étudient la production de modèles hybrides et électriques au sein du complexe espagnol de Saragosse. Ces investissements visent à sécuriser durablement leur présence sur le marché européen en s'affranchissant des barrières douanières par une production locale.