Les autorités ghanéennes multiplient les initiatives pour mobiliser les populations des zones frontalières contre la menace grandissante de l’extrémisme violent et du crime transfrontalier. Lors d’un dialogue organisé dans la région du Haut-Est, les services de sécurité et les représentants communautaires ont insisté sur l’importance cruciale de la collaboration civile pour anticiper les risques et préserver la stabilité régionale.
Un projet régional pour sécuriser le corridor atlantique
L’appel à la vigilance s’inscrit dans le cadre du projet « Prévenir et répondre à l’extrémisme violent dans le corridor atlantique », financé par le Danemark et la Norvège via le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Cette initiative vise à renforcer la prévention des violences extrémistes dans les communautés frontalières, notamment à Naaga et ses alentours, dans la municipalité de Kassena Nankana.
Des frontières poreuses et des ressources limitées
Les responsables des services de sécurité, dont la Police nationale, les services d’immigration et la Commission nationale sur les armes légères, ont souligné les défis structurels auxquels le Ghana est confronté. Le manque de personnel et la porosité des frontières exposent le pays aux infiltrations de groupes armés, comme en témoignent les attaques récentes au Burkina Faso et au Niger. Ces menaces pèsent déjà sur les ressources limitées des communautés frontalières, où les infrastructures sociales et économiques sont sous pression.
L’arme illégale et la drogue, deux leviers de l’instabilité
Victor Ame-Abo Akanbonga, de la Commission nationale sur les armes légères, a rappelé que les groupes extrémistes s’appuient souvent sur des armes illicites, introduites par trafic, vols ou détournements. Ces armes alimentent les réseaux criminels et aggravent l’insécurité. De son côté, Marshal Abuchow, de la Commission de lutte contre la drogue, a établi un lien entre l’usage de substances illicites et la radicalisation, invitant les jeunes à éviter ces pièges et à signaler les activités suspectes.
Renforcer la confiance entre communautés et forces de sécurité
Damien Asobayire, secrétaire exécutif régional du Conseil national pour la paix, a présenté ce dialogue comme une réponse aux narratives violentes en ligne. L’objectif est double : permettre aux résidents de mieux comprendre leur rôle dans la prévention des menaces, et offrir aux forces de sécurité un espace pour recueillir les préoccupations locales. Une collaboration accrue, selon lui, est la clé pour maintenir une paix durable dans ces zones stratégiques.