Les commerçants du corridor Aflao-Accra dénoncent des exactions policières et obtiennent une enquête

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 28 lectures
Les commerçants du corridor Aflao-Accra dénoncent des exactions policières et obtiennent une enquête

Une délégation policière ghanéenne a rencontré des commerçants et femmes du marché du sud du pays pour recueillir leurs témoignages après des accusations répétées de harcèlement et d’extorsion par des agents sur l’axe Aflao-Accra. Cette initiative, menée par le commandant régional de la Volta, DCOP Wisdom Akorli, fait suite à une pétition adressée à l’Inspecteur général de la police (IGP) par un militant associatif, Daniel Jerry Sorokpo.

Une pétition qui déclenche une enquête régionale

Le 18 juillet 2024, Daniel Jerry Sorokpo, militant de la jeunesse et aspirant vice-président du NDC pour la circonscription de Ketu Sud, a saisi l’IGP Christian Tetteh Yohunu d’une plainte concernant des cas présumés de harcèlement et d’extorsion de commerçants transportant des denrées le long du corridor Aflao-Accra. Dans sa requête, il dénonçait des pratiques où des policiers exigeaient des reçus pour des marchandises, sous peine de paiement forcé, parfois jusqu’à 50 cedis ghanéens (GH¢50).

En réponse, l’IGP a convoqué le commandant régional de la Volta à Accra pour discuter des allégations. Une fois de retour, ce dernier a lancé une série de consultations directes avec les commerçants, débutant à Sogakope, puis se poursuivant à Akatsi, Agbozume et Aflao. L’objectif affiché : recueillir des témoignages de première main pour identifier d’éventuelles dérives et restaurer la confiance entre les forces de l’ordre et les usagers de la route.

Des accusations corroborées par les victimes

Plusieurs commerçants et femmes du marché ont confirmé les allégations lors des rencontres organisées par la police. Selon leurs récits, des policiers stationnés le long de l’axe routier exigeaient des reçus pour des produits comme le riz, le sucre, l’huile de cuisson, les haricots ou les légumes, même lorsque les marchandises étaient transportées depuis leur domicile vers des marchés locaux. Ceux qui ne pouvaient présenter ces documents se voyaient contraints de payer des sommes pouvant atteindre GH¢50.

Le porte-parole régional de la police, Chief Inspector Francis Kwaku Gomado, a reconnu la gravité de ces pratiques et rappelé que les agents n’avaient aucune légitimité pour exiger de l’argent sous quelque prétexte que ce soit. Il a également condamné les cas de détentions prolongées de commerçants ou de voyageurs, qualifiés d’inacceptables.

Une démarche saluée, mais des défis persistants

Malgré ces accusations, les commerçants ont salué l’initiative de la police régionale, la qualifiant d’étape cruciale pour rétablir le dialogue et comprendre leurs difficultés quotidiennes. Pour eux, cette démarche pourrait contribuer à restaurer une relation de confiance avec les forces de l’ordre, souvent perçues comme arbitraires.

Dans sa pétition, Daniel Jerry Sorokpo avait exigé une enquête approfondie et des sanctions contre les agents coupables de manquements à leur devoir. La police régionale a invité les victimes potentielles à signaler directement les cas de harcèlement ou d’extorsion à ses services, tout en rappelant l’importance de vérifier l’identification des agents (noms affichés sur les uniformes) et de signaler les manquements.

Quelles suites pour les commerçants et la police ?

Cette enquête régionale, qui s’est conclue à Aflao, devrait permettre à la police de la Volta de disposer d’un état des lieux précis des pratiques le long du corridor. Les résultats pourraient mener à des mesures disciplinaires internes ou à des réformes ciblées pour encadrer les contrôles routiers. Pour les commerçants, cette démarche ouvre une fenêtre d’espoir, mais leur vigilance reste de mise : la lutte contre les abus policiers passe aussi par une documentation rigoureuse des cas et une collaboration active avec les autorités.

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