Le rapporteur du budget à l’Assemblée nationale, Philippe Juvin, impose aux candidats à la présidentielle 2027 de dévoiler leurs solutions pour redresser les comptes publics, alors que la France fait face à des projections financières alarmantes.
Un courrier sans précédent aux prétendants à l’Élysée
Philippe Juvin, député Les Républicains et rapporteur général du budget, a envoyé lundi un courrier à la vingtaine de candidats déclarés pour l’élection présidentielle de 2027. Dans ce document, révélé par la presse, il leur demande de préciser leurs intentions en matière de déficit public, de dette, ainsi que les réformes structurelles envisagées pour maîtriser les dépenses et les recettes. Les candidats doivent également exposer leur stratégie fiscale et les priorités de leur premier budget quinquennal. Les réponses seront transmises à la commission des Finances pour alimenter le débat présidentiel.
Des chiffres qui alertent sur l’urgence budgétaire
Cette initiative intervient alors que les indicateurs financiers de la France atteignent des niveaux critiques. Selon la Cour des comptes, la dette publique devrait représenter 119 % du PIB en 2024, avec une charge d’intérêts approchant les 78 milliards d’euros. Pire, ce poste de dépense pourrait dépasser les 100 milliards avant 2030. Un rapport sur la transparence des finances publiques, publié en juillet, alerte sur une dégradation continue : à politique inchangée, le déficit public atteindrait 5,9 % du PIB en 2025, contre 5 % en 2024, et pourrait grimper à 6,8 % en 2030. La dette, elle, dépasserait 130 % du PIB à cette échéance.
La transparence comme impératif démocratique
Pour Philippe Juvin, cette démarche s’inscrit dans un « esprit républicain et impartial », visant à éclairer les citoyens sur l’état réel des finances publiques. « Dire la vérité aux Français sur nos marges de manœuvre, c’est les respecter », souligne-t-il. En exigeant des candidats des propositions détaillées, il cherche à éviter que le débat présidentiel ne se limite à des promesses sans base budgétaire solide. Les réponses attendues pourraient ainsi révéler les véritables leviers d’action des prétendants, entre austérité, relance ou réformes structurelles.