Les cafetiers marocains adoptent la musique générée par IA pour échapper aux redevances sur les droits d'auteur

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 50 lectures
Les cafetiers marocains adoptent la musique générée par IA pour échapper aux redevances sur les droits d'auteur

Une nouvelle tendance émerge dans les établissements de restauration marocains : le remplacement des catalogues musicaux traditionnels par des compositions générées par l'intelligence artificielle. Si cette pratique interroge les clients sur la qualité artistique, elle répond surtout à une stratégie économique des cafetiers visant à s'affranchir des redevances liées aux droits d'auteur.

Le conflit autour de la rémunération équitable

Au cœur de cette mutation se trouve la loi n° 2-00 relative aux droits d'auteur. Selon Noureddine El Harrak, président de l'association des cafetiers marocains, la diffusion de musique protégée dans des lieux publics impose le versement d'une « rémunération équitable ». Les tarifs exigés, oscillant entre 150 et 6 400 dirhams par an selon la taille et le type d'établissement, sont jugés abusifs par les professionnels du secteur. Ces derniers contestent également la double facturation, s'interrogeant sur la légitimité de payer des redevances pour des contenus déjà acquittés par les radios ou les plateformes de streaming.

Le vide juridique de l'IA

Le recours à l'IA apparaît pour beaucoup comme une solution de contournement face à ces obligations financières. Toutefois, la législation marocaine actuelle ne prévoit pas de cadre spécifique pour ces créations algorithmiques. La loi définit l'auteur comme une « personne physique » et l'œuvre musicale comme une « création intellectuelle originale ». Ce flou juridique place les cafetiers dans une zone grise, où l'absence d'auteur humain rend l'application des redevances complexes, voire caduque, faute de bénéficiaires identifiés.

Un débat entre pragmatisme économique et création artistique

Au-delà de l'aspect financier, cette transition suscite des critiques sur la nature même de l'expérience client. Des voix, à l'instar du musicien et professeur Lotfloyd, dénoncent une « musique dénuée d'âme », caractérisée par des rythmes répétitifs et prévisibles. Si les cafetiers privilégient la réduction des coûts opérationnels, cette tendance soulève un enjeu culturel majeur : la dépréciation du travail des artistes au profit de solutions automatisées, posant ainsi la question de la place de la création humaine dans les espaces publics marocains.

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin par email.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.