Les cadres du Grand Parti refusent de valider la dissolution annoncée par Malick Gackou et préparent une contre-offensive juridique et politique avant la réunion du 5 septembre. Portée par le coordonnateur Pape Médoune Sow, cette fronde s’appuie sur une interprétation stricte des statuts, tandis que le ministère de l’Intérieur reste en retrait, refusant de trancher dans l’immédiat. L’enjeu ? Éviter que le parti ne soit absorbé par Pastef sans respecter les procédures internes.
Une contestation structurée autour des statuts et des procédures
Les cadres du Grand Parti contestent la légitimité de la dissolution annoncée par Malick Gackou, qu’ils qualifient de « vent ». Leur principal argument repose sur l’absence de convocation d’un congrès, étape obligatoire selon les statuts avant toute dissolution. Une délégation s’est même rendue au ministère de l’Intérieur pour bloquer en amont toute reconnaissance officielle de la dissolution, sans obtenir de réponse tranchée pour l’instant.
Leur lecture des statuts va plus loin : ils estiment que le ralliement de Gackou à Pastef, en juin 2026, pourrait entraîner sa démission automatique du Grand Parti, conformément à l’article 3. Une interprétation qui, si elle était validée, affaiblirait considérablement la position de l’ancien leader et renforcerait leur camp.
Le ministère de l’Intérieur en position d’arbitre reluctant
Reçue par le directeur des Libertés publiques, la délégation des cadres n’a obtenu aucune garantie immédiate. Les services du ministère ont simplement indiqué ne pas avoir « la prétention de trancher » dans l’immédiat, laissant planer une incertitude sur l’issue administrative de la crise. Cette prudence pourrait s’expliquer par la complexité juridique de la situation, où se mêlent questions statutaires et enjeux politiques.
Pour les contestataires, cette absence de décision claire est une victoire temporaire : elle leur laisse le temps de mobiliser leurs soutiens et de préparer leur argumentaire pour la réunion du 5 septembre. Une date qui pourrait sceller le sort du parti, soit par une validation de la dissolution, soit par une radicalisation de la fronde interne.
Un précédent qui pèse sur la crédibilité du Grand Parti
Cette crise intervient moins de trois mois après la fusion-absorption controversée du Grand Parti par Pastef, actée le 5 juin 2026. Un collectif de cadres et militants avait alors rejeté cet accord, le jugeant « opportuniste et statutairement invalide ». Leur opposition persistante montre que les divisions internes restent profondes, malgré les tentatives de Malick Gackou de tourner la page.
Si la réunion du 5 septembre ne parvient pas à un compromis, le Grand Parti pourrait se retrouver paralysé, entre une direction discréditée et une base militante déterminée à défendre son existence. Une issue qui, dans un contexte politique sénégalais déjà tendu, pourrait avoir des répercussions bien au-delà des frontières du parti.