Le vendredi 6 novembre, les marchés européens ont montré une résilience notable alors que Wall Street s’enfonçait dans le rouge, surtout sur les titres liés à l’intelligence artificielle. Le contraste s’explique par des facteurs macroéconomiques favorables en Europe et par des craintes de surinvestissement technologique aux États-Unis.
Résilience des indices européens malgré la chute américaine
À la clôture, le CAC 40 a perdu moins d’un pour cent, s’établissant à 8 139 points (-0,81 %), tandis que l’EuroStoxx 50 a reculé de 1,04 %. Ces mouvements restent modestes comparés à la chute de 6,36 % du Nasdaq. La dynamique positive des entreprises européennes, soutenue par les résultats du troisième trimestre 2026, a renforcé les anticipations de bénéfices : le consensus Bloomberg prévoit une hausse de 20 % des profits agrégés du Stoxx Europe 600 sur l’ensemble de l’année 2026 par rapport à 2025.
Pression sur les valeurs d’intelligence artificielle aux États-Unis
Sur le sol américain, les actions liées à l’IA ont subi d’importantes prises de bénéfices, entraînant une forte correction du Nasdaq. Selon Bruno Cavalier, économiste chez Oddo BHF, les dépenses en IA ont alimenté près de 30 % de la croissance américaine en 2025‑2026, soit six fois leur poids actuel dans le PIB, et les investissements dans les data‑centers ont bondi de 150 %. Cette surchauffe est jugée insoutenable, d’où la prudence des investisseurs face aux titres technologiques.
Facteurs macroéconomiques qui soutiennent la zone euro
La « vague bleue » des midterms a apaisé les craintes d’une escalade du conflit en Iran, contribuant à la baisse du prix du Brent sous les 100 $, ce qui allège les pressions inflationnistes et les coûts carburants. La détente sur les taux d’intérêt et la perspective d’une réduction des droits de douane offrent également un souffle d’air frais aux exportateurs européens, renforçant la confiance des acteurs financiers.
Contexte politique et social aux États-Unis
Aux États-Unis, le climat politique reste polarisé. Les choix de l’ancien président Trump, notamment en matière de droits de douane et de politique iranienne, sont largement rejetés par la population, selon Xavier Chapard de La Banque postale AM. Bien que le Congrès soit dominé par les démocrates, une régulation plus stricte de l’IA semble improbable. L’élection d’un démocrate au Texas, principal hub des data‑centers, a toutefois introduit un moratoire immédiat sur de nouveaux projets, ce qui pourrait ralentir, sans l’arrêter, le rythme des déploiements d’IA.