L'équipe nationale ghanéenne de football sourd, connue sous le nom de Black Wonders, fait face à une précarité financière qui menace son avenir international. Malgré des performances sportives notables sur la scène africaine, le collectif reste entravé par une dette persistante de 24 000 dollars contractée lors de la Coupe du monde 2023 en Malaisie.
Une communication visuelle au service de la performance
Sur le terrain, les Black Wonders ont développé une méthode de jeu singulière, fondée sur une acuité visuelle et une compréhension mutuelle poussée. Comme l'explique l'attaquant Richard Ofori, chaque mouvement, regard ou signal manuel remplace les instructions vocales habituelles. Cette coordination, qui repose sur une lecture constante du jeu et de l'espace, a permis à l'équipe de se forger un palmarès solide, incluant une médaille d'argent au niveau continental et un titre de champion en Afrique de l'Ouest.
Le poids d'une dette héritée de la Malaisie
Le succès sportif ne s'est toutefois pas accompagné d'un soutien logistique et financier pérenne. La participation à la Coupe du monde des sourds en 2023 a laissé des traces durables : une facture d'hébergement impayée de 24 000 dollars pèse encore sur les finances de la fédération. Cet héritage financier constitue un obstacle majeur alors que l'équipe tente de se projeter vers de nouvelles échéances internationales, illustrant la fragilité des structures dédiées au sport handisport au Ghana.
Vers les qualifications pour l'Australie 2027
Malgré ces difficultés, l'ambition reste intacte. Les Black Wonders se préparent actuellement pour les phases de qualification qui se tiendront en Éthiopie, avec pour objectif final le Championnat du monde de football sourd prévu en Australie en 2027. Christopher Ekpo, président de la Fédération ghanéenne de football sourd, souligne que l'équipe occupe actuellement le 14e rang mondial, un classement qu'il juge perfectible avec un accompagnement adéquat.
Un appel à l'équité dans le soutien public
La question du financement public est au cœur des débats. Zanetor Agyeman-Rawlings, mécène de la fédération, a publiquement plaidé pour une redistribution plus équitable des ressources nationales. Elle estime qu'une fraction des fonds alloués aux équipes nationales de football traditionnelles permettrait aux Black Wonders de transformer leur potentiel en résultats concrets sur la scène mondiale, soulignant ainsi l'enjeu de reconnaissance et d'inclusion pour ces athlètes de haut niveau.