Le Conseil de l’Association des barreaux du Maroc a acté la poursuite de la suspension des services professionnels par les avocats du royaume. Cette décision, prise à l'issue d'une session extraordinaire marathon à Rabat, marque la persistance d'un bras de fer juridique et institutionnel autour du nouveau cadre réglementant la profession.
Un conflit cristallisé par la nouvelle législation
La mobilisation, initiée le 15 juin dernier, a franchi une étape critique avec l'entrée en vigueur effective du nouveau texte régissant l'exercice du métier d'avocat. Alors que la contestation portait initialement sur un projet de loi modifiable, la publication du texte au Bulletin officiel a transformé la nature du rapport de force. Les avocats s'opposent désormais à un dispositif juridique déjà applicable, ce qui complexifie les marges de manœuvre pour une révision des dispositions jugées attentatoires à l'indépendance de la défense.
Des débats internes sur la stratégie à adopter
La décision de maintenir la suspension des services résulte de discussions intenses au sein du Conseil, qui s'est réuni durant près de deux jours. Trois lignes directrices s'affrontaient au sein de la profession. Une frange importante des avocats prônait la poursuite du mouvement, craignant qu'un arrêt immédiat ne soit perçu comme une capitulation face aux autorités. À l'opposé, une seconde orientation alertait sur les conséquences de cette paralysie prolongée pour les justiciables et le fonctionnement des juridictions, plaidant pour une reprise du travail.
Vers une sortie de crise incertaine
Une troisième voie, celle d'une sortie partielle du mouvement, avait été envisagée. Elle visait à lever la suspension totale au profit d'un boycott ciblé, permettant de maintenir la pression sur des points spécifiques tout en reprenant certaines missions essentielles. Pour l'heure, l'Association des barreaux du Maroc n'a pas encore tranché sur les modalités concrètes de cette poursuite de la mobilisation. Un communiqué détaillé, attendu ce vendredi soir, devrait préciser les prochaines étapes de cette contestation qui place le système judiciaire marocain dans une situation d'attente prolongée.