La détention de l'inspectrice principale du Trésor, Tabaski Ngom, incarcérée depuis janvier 2025, prend une tournure conflictuelle. Ses avocats ont formellement démenti des allégations de presse faisant état d'une agression commise par leur cliente contre une codétenue, tout en interpellant les autorités pénitentiaires sur la sécurité et la gestion des effectifs au sein du Pavillon spécial.
Contestation des faits au Pavillon spécial
La défense de l'ancienne haut fonctionnaire rejette catégoriquement les accusations d'agression physique portées contre elle. Selon ses conseils, c'est au contraire Tabaski Ngom qui aurait été victime de provocations et de violences de la part d'une codétenue, identifiée sous les initiales A. Diatta. Les avocats affirment que leur cliente avait alerté par écrit la direction de l'établissement dès le 4 août 2026 concernant ces agissements. Ils s'interrogent ouvertement sur les raisons ayant conduit à la réaffectation de cette même codétenue dans la cellule de l'inspectrice, alors que des tensions avaient été signalées, et soulignent que leur cliente entretenait, selon eux, des rapports de solidarité et de partage avec cette personne.
Lenteurs et blocages de l'instruction judiciaire
Au-delà de l'incident carcéral, la défense pointe du doigt les dysfonctionnements de l'information judiciaire en cours. Malgré une incarcération prolongée depuis plus d'un an et demi, les avocats déplorent l'absence de diligences essentielles de la part du magistrat instructeur. Ils affirment avoir sollicité à maintes reprises des confrontations directes, l'examen d'enregistrements audio et des vérifications techniques sur des faits précis, sans obtenir de suite favorable. Cette situation est d'autant plus critiquée que certains coinculpés, impliqués dans le même dossier, ont déjà obtenu une liberté provisoire sous contrôle judiciaire.
Alerte sur l'état de santé de la détenue
La dégradation de la santé physique et psychologique de Tabaski Ngom constitue un point de tension majeur pour ses conseils. L'ancienne inspectrice, qui a servi l'État pendant deux décennies, souffrirait de symptômes sévères, notamment une hypertension artérielle, des insomnies et des palpitations cardiaques. Face à ce constat, la défense réclame d'urgence des expertises médicales et psychiatriques approfondies. En dénonçant une atteinte à l'honneur et à la dignité de leur cliente, les avocats exigent désormais que toute la lumière soit faite sur les conditions de sa détention et que l'instruction judiciaire soit accélérée pour garantir le respect des droits de la prévenue.