Le 27 octobre 2026, une opération conjointe de la Gendarmerie nationale et des Armées a visé le siège historique du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) à Ziguinchor. Cette intervention, qui a abouti à l'interpellation de 28 personnes et à la saisie de nombreux symboles séparatistes, marque une rupture inédite dans la gestion de ce dossier sensible par l'État sénégalais.
Une intervention sécuritaire sans précédent
L'opération a été déclenchée lors d'un rassemblement commémorant l'anniversaire de la disparition d'Abdou Elinkine Diatta, une figure de l'aile politique du mouvement. Sur place, les forces de sécurité ont procédé au retrait du drapeau du MFDC et à la saisie de divers documents, insignes et équipements numériques. Le lendemain, les autorités ont intensifié leur action en effaçant les inscriptions et symboles liés au mouvement sur les murs de la concession située à Mangoukouro, un site occupé depuis environ trois décennies.
Le poids symbolique du site de Mangoukouro
La portée de cette intervention est soulignée par le caractère historique du lieu. Malgré les successions à la tête de l'État sous les présidences d'Abdou Diouf, Abdoulaye Wade et Macky Sall, aucune opération de démantèlement d'une telle ampleur n'avait été menée contre ce siège. En agissant ainsi, les autorités invoquent la nécessité de préserver l'ordre public et de garantir l'intégrité territoriale du pays, marquant une volonté de reprendre le contrôle sur des espaces symboliques longtemps restés en marge de l'autorité centrale.
La situation des personnes interpellées
À l'issue des auditions menées par les services de sécurité, 26 des 28 personnes initialement interpellées ont été remises en liberté. Deux individus demeurent toutefois en garde à vue au sein de la Section de recherches de la gendarmerie de Ziguinchor. Les éléments saisis, notamment les téléphones portables et les documents, font actuellement l'objet d'une exploitation par les enquêteurs pour déterminer les ramifications et les activités précises des occupants du site.
Tensions internes au sein du mouvement
L'opération met également en lumière les fractures au sein du MFDC. Les personnes fréquentant le siège de Mangoukouro sont perçues localement comme appartenant à une tendance modérée, privilégiant le dialogue politique à la lutte armée. Cette posture leur aurait d'ailleurs valu des menaces de la part de factions armées du mouvement, qui leur contestent toute légitimité à s'exprimer publiquement au nom de la cause casamançaise.