Les autorités espagnoles ont procédé dimanche au démantèlement du dernier campement de migrants situé sur l'esplanade El Guano à Ceuta. Cette opération d'envergure, mobilisant plus de 350 policiers, intervient à seulement 48 heures d'une visite officielle du roi Felipe VI et de la reine Letizia dans l'enclave espagnole.
Une opération de nettoyage des espaces publics
L'intervention de dimanche constitue la cinquième opération de ce type menée par le ministère de l'Intérieur espagnol ces dernières semaines. L'objectif affiché est de libérer les espaces publics occupés par des milliers de personnes suite à l'afflux massif et inédit survenu fin juillet, où plus de 70 000 individus étaient entrés en force dans la ville. Si une large majorité est retournée au Maroc, des milliers d'autres étaient restées sur place, occupant des plages et des zones urbaines dans des conditions précaires.
Gestion des flux et transfert vers les centres d'accueil
Lors de l'évacuation, les forces de l'ordre, appuyées par des unités militaires, ont procédé au transfert des migrants vers des centres d'accueil spécialisés. Tandis que les équipes de nettoyage s'affairaient à rendre l'esplanade et les plages aux autorités locales, certains migrants ont tenté d'échapper à cette prise en charge en se réfugiant dans les collines environnantes. Cette crise migratoire, marquée par des dizaines de décès, avait provoqué d'importantes tensions diplomatiques au sein de l'Union européenne et au sein même de la classe politique madrilène.
Un déplacement royal sous haute tension diplomatique
La visite du couple royal, prévue ce mardi, revêt une dimension politique particulière. Ceuta et Melilla, les deux enclaves espagnoles situées sur le sol africain, font l'objet d'une revendication de souveraineté historique de la part du Maroc. Le déplacement du roi Felipe VI, qui se poursuivra mercredi à Melilla, est le premier d'un monarque espagnol dans ces territoires depuis le voyage de Juan Carlos en 2007. Ce précédent historique avait alors engendré une crise diplomatique majeure avec Rabat, soulignant la sensibilité persistante de ces zones frontalières dans les relations bilatérales entre les deux pays.