Les autorités espagnoles ont procédé, ce dimanche 11 octobre, au démantèlement du dernier campement de fortune abritant des migrants à Ceuta. Cette opération intervient à seulement 48 heures d'une visite officielle du roi Felipe VI et de la reine Letizia dans cette enclave espagnole située en Afrique du Nord.
Une évacuation sous haute surveillance
Dès 6h TU, un dispositif composé de policiers et de militaires a investi l'esplanade El Guano, dernier point de regroupement significatif après l'évacuation des plages environnantes. Les migrants présents sur les lieux ont été conduits vers des centres d'accueil par les forces de l'ordre, tandis que des équipes de nettoyage ont immédiatement sécurisé la zone. Si une partie des occupants a accepté d'être transférée, d'autres ont choisi de fuir vers les collines avoisinantes pour échapper à cette évacuation forcée.
Le contrecoup d'une crise migratoire inédite
Ce démantèlement marque une étape supplémentaire dans la gestion des conséquences de l'afflux massif survenu les 30 et 31 juillet 2026, où plus de 70 000 personnes avaient rejoint l'enclave. Si la majorité des arrivants était repartie rapidement, des milliers d'individus étaient restés sur place, vivant dans des conditions précaires. Cette situation a non seulement engendré une crise humanitaire, marquée par plusieurs dizaines de décès, mais a également déstabilisé l'exécutif espagnol à Madrid et provoqué des tensions diplomatiques au sein de l'Union européenne.
Un déplacement royal sous tension diplomatique
La visite des souverains espagnols, prévue les 13 et 14 octobre à Ceuta puis à Melilla, revêt une dimension politique hautement sensible. Il s'agit du premier déplacement d'un monarque espagnol dans ces deux enclaves depuis 2007. À l'époque, le voyage du roi Juan Carlos avait provoqué une vive crise diplomatique avec le Maroc, Rabat revendiquant historiquement la souveraineté sur ces territoires. Le gouvernement espagnol tente ainsi de reprendre le contrôle de la situation sécuritaire et symbolique dans une zone où les enjeux de souveraineté et de gestion migratoire restent étroitement imbriqués.