À deux jours de la visite officielle du roi Felipe VI et de la reine Letizia à Ceuta, les autorités espagnoles ont procédé au démantèlement du dernier campement de migrants de l'enclave. Cette opération, menée par la police et l'armée, marque une étape dans la gestion de la crise migratoire qui secoue cette enclave espagnole située en Afrique du Nord.
Une opération de nettoyage sous haute tension
Dimanche matin, les forces de l'ordre sont intervenues sur l'esplanade El Guano pour évacuer des centaines de personnes vivant dans des abris de fortune. Les migrants présents ont été transférés par bus vers des centres d'accueil, tandis que des équipes de nettoyage intervenaient sur les lieux. Certains individus ont toutefois tenté d'échapper à cette évacuation en se réfugiant dans les collines environnantes.
Le contexte d'une crise migratoire persistante
Ce démantèlement intervient après un afflux massif et inédit survenu les 30 et 31 juillet, où près de 70 000 personnes avaient rejoint l'enclave depuis le Maroc. Si une grande partie des arrivants est retournée au Maroc dans les jours suivants, des milliers d'autres étaient restées sur place, occupant les plages et les espaces publics. Cette vague migratoire avait provoqué des pertes humaines et engendré d'importantes tensions diplomatiques au sein de l'Union européenne ainsi qu'une crise politique à Madrid.
Un déplacement royal sous haute surveillance diplomatique
La visite du couple royal à Ceuta, prévue ce mardi, revêt une dimension politique particulière. Le Maroc revendique la souveraineté sur les enclaves de Ceuta et Melilla, et tout déplacement officiel de haut niveau dans ces territoires est scruté avec attention. Ce voyage sera le premier d'un monarque espagnol dans ces deux villes depuis celui du roi Juan Carlos en 2007, une visite qui avait, à l'époque, déclenché une crise diplomatique majeure avec Rabat. Le programme royal prévoit également un déplacement à Melilla le lendemain.