Face à la recrudescence de rumeurs liant la consommation d'Okpa, mets traditionnel à base de pois bambara, à des maladies rénales, les autorités sanitaires de l'État d'Enugu et des experts en nutrition sont montés au créneau. Ils soulignent que le danger ne provient pas de l'aliment lui-même, mais des pratiques de préparation frauduleuses qui compromettent la sécurité alimentaire des consommateurs.
Des additifs dangereux pour la santé
Le commissaire à la Santé de l'État d'Enugu, George Ugwu, a fermement condamné l'utilisation de colorants non alimentaires et d'huiles frelatées dans la confection de ce plat. Selon les autorités, certains vendeurs introduisent des substances chimiques, parfois destinées à la peinture, pour intensifier la couleur rouge du mets et le rendre plus attractif. Ces pratiques, jugées inacceptables, sont pointées du doigt comme des facteurs de stress pour les organes vitaux, notamment les reins et le foie.
La valeur nutritionnelle du pois bambara préservée
Chioma Nwachukwu, diététicienne au Centre hospitalier universitaire de l'Université du Nigeria, rappelle que l'Okpa est, par nature, un aliment sain et nutritif. Riche en protéines, en fer et en zinc, il possède un index glycémique modéré qui le rend adapté à une large part de la population. L'experte insiste sur le fait que les inquiétudes actuelles sont le résultat d'une altération du produit fini et non d'une toxicité intrinsèque de la légumineuse utilisée pour sa fabrication.
Risques liés aux méthodes de conditionnement
Au-delà des ingrédients, les spécialistes mettent en garde contre l'utilisation de plastiques ou de nylons pour emballer et cuire l'Okpa. Sous l'effet de la chaleur, des substances chimiques peuvent migrer vers l'aliment, augmentant les risques sanitaires. La recommandation des experts est un retour aux méthodes traditionnelles, utilisant des feuilles de bananier ou de plantain, jugées plus sûres pour la santé.
Appel à une vigilance accrue
Le gouvernement d'Enugu appelle les agences de régulation à renforcer le contrôle des produits alimentaires sur les marchés. Parallèlement, les autorités encouragent les citoyens à privilégier une alimentation équilibrée et à consulter des professionnels de santé qualifiés plutôt que de se fier à des informations non vérifiées. Pour les personnes souffrant déjà de pathologies rénales ou d'hypertension, une consultation diététique personnalisée reste indispensable pour adapter leur consommation de protéines et protéger leur fonction rénale.