Alors que la proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles arrive en commission à l'Assemblée nationale, les organisations féministes intensifient leur pression sur les élus. Ces dernières craignent qu'un calendrier parlementaire particulièrement serré, marqué par les débats budgétaires et l'approche de l'élection présidentielle, ne vienne entraver l'adoption définitive de ce texte législatif majeur.
Un calendrier parlementaire sous haute tension
Le passage du texte en commission ce lundi 7 septembre marque une étape cruciale, mais le temps presse. Selon Floriane Volt, directrice des affaires publiques et juridiques de la Fondation des Femmes, la fenêtre de tir est étroite. La session parlementaire doit en effet s'achever en février prochain, en raison de la campagne présidentielle, tandis que l'examen du budget de l'État à l'automne risque d'accaparer l'agenda des députés. Les associations insistent sur la nécessité de maintenir le cap pour une adoption en séance plénière prévue début octobre.
L'exigence d'une réponse politique à la hauteur
Dix ans après l'émergence du mouvement MeToo, les militantes estiment que la réponse institutionnelle doit être à la hauteur des enjeux sociétaux. Céline Piques, porte-parole d'Osez le féminisme, appelle le gouvernement et les parlementaires à assumer leurs responsabilités pour mettre fin à ce qu'elles qualifient d'impunité persistante. Pour ces organisations, l'adoption de cette loi intégrale est une condition sine qua non pour transformer durablement la prise en charge des violences sexistes et sexuelles.
Une mobilisation citoyenne sur le terrain
En parallèle des travaux législatifs, les associations ont appelé à une mobilisation nationale. Des rassemblements sont organisés dans plusieurs dizaines de villes françaises, notamment devant le ministère de la Justice à Paris. Cette stratégie de pression directe vise à maintenir la visibilité du sujet dans le débat public et à rappeler aux décideurs politiques l'attente forte de la société civile concernant la protection des victimes et la lutte contre les violences de genre.