Le Joint National Association of Persons with Disabilities (JONAPWD) a pressé le président Bola Tinubu d’allouer au moins 1 trillion de nairas chaque année pour soutenir les personnes handicapées du pays, estimant que le financement actuel de 500 milliards est largement insuffisant.
Une demande chiffrée pour une population massive
Lors d’une réunion à Abuja, le président national de la JONAPWD, Abdullah Usman, a rappelé que le nombre de Nigérians vivant avec un handicap dépasse la population de plusieurs États fédéraux. Selon lui, un budget de 1 trillion de nairas permettrait de financer des programmes de santé, d’éducation, de réinsertion professionnelle et d’infrastructures accessibles, alignés sur les besoins d’une communauté estimée à plusieurs dizaines de millions de personnes.
Réponse officielle et cadre législatif
Mohammed Isa, assistant spécial du président chargé des besoins spéciaux et de l’égalité des chances, a indiqué que le gouvernement privilégie une « budgétisation inclusive ». Il a souligné l’existence d’une commission nationale dédiée aux personnes handicapées, chargée de suivre la mise en œuvre du Discrimination Against Persons with Disabilities (Prohibition) Act de 2018. Cette loi impose aux autorités publiques de rendre les bâtiments, les transports et les services accessibles, tout en prévoyant une période de transition de cinq ans pour les structures existantes.
Le gouvernement affirme également avoir lancé plusieurs initiatives, dont la construction de centres de réhabilitation dans les zones politiques régionales et l’intégration du handicap dans le programme « Renewed Hope Agenda » du président Tinubu.
Des obstacles persistants sur le terrain
Malgré le cadre juridique, les associations signalent que de nombreux établissements publics restent inaccessibles : absence de rampes, d’ascenseurs, de toilettes adaptées ou de signalétique en braille. Les personnes en fauteuil roulant, les malvoyants et les déficients auditifs rencontrent encore des difficultés majeures dans les écoles, les hôpitaux et les gares. Les acteurs du secteur estiment que la mise en conformité nationale est loin d’être achevée, même plusieurs années après l’entrée en vigueur de la loi.
Implications pour la politique sociale nigériane
Si le budget demandé était accepté, il pourrait transformer le paysage social en offrant à des millions de Nigérians un accès effectif aux services publics et en renforçant leur participation économique. À l’inverse, le maintien d’un financement limité risque d’accentuer les inégalités et de freiner les ambitions du pays en matière d’inclusion et de développement durable. Le débat budgétaire s’inscrit donc dans une dynamique plus large de réforme sociale et de respect des droits humains au Nigeria.