Une vaste intersyndicale appelle les agents publics français à une journée de mobilisation nationale ce mardi 29 septembre. Ce mouvement, qui prévoit plus de 170 manifestations à travers le pays, vise à peser sur les arbitrages budgétaires du gouvernement pour 2027 tout en dénonçant l'érosion du pouvoir d'achat des fonctionnaires.
Une pression accrue sur le budget 2027
À deux jours de la présentation officielle du projet de loi de finances pour 2027, les organisations syndicales — dont la CGT, FO, la CFDT, l'UNSA et la FSU — entendent faire entendre leurs revendications. Le point de crispation principal demeure le gel du point d'indice, annoncé début septembre par le Premier ministre. Alors que l'inflation cumulée atteindra 24,17 % entre 2017 et fin 2026, les revalorisations salariales accordées sur la même période ne totalisent qu'un peu plus de 5 %. Les syndicats réclament des moyens budgétaires en adéquation avec les missions de service public, dénonçant une gestion comptable qui néglige la qualité des conditions de travail.
La mobilisation spécifique des pompiers
Parmi les cortèges attendus, celui des pompiers revêt une dimension particulière. Après un été marqué par des incendies historiques ayant éprouvé les effectifs, ces agents ont décidé de manifester pour obtenir une reconnaissance concrète de leur engagement. Les autorités anticipent une participation comprise entre 5 000 et 10 000 pompiers à Paris, où ils défileront entre la place d'Italie et la Bastille avant de rejoindre le rassemblement principal des autres agents publics, prévu pour converger vers la place de la Nation.
Un climat social sous tension
Au-delà de la fonction publique, les autorités surveillent de près l'extension des blocages de lycées. Initié la semaine dernière en banlieue parisienne pour protester contre les emplois du temps surchargés et le manque d'enseignants, le mouvement s'est propagé à d'autres régions. Ces rassemblements, parfois marqués par des dégradations, constituent, avec la grève des enseignants — qui pourrait atteindre 40 % de grévistes dans le primaire selon le Snuipp-FSU — un défi sécuritaire et politique majeur pour le gouvernement. Les syndicats espèrent également que cette démonstration de force servira d'avertissement aux candidats à la prochaine élection présidentielle, afin d'éviter que les services publics ne deviennent une variable d'ajustement dans le débat électoral.