La rivalité entre l’Érythrée et l’Éthiopie s’intensifie alors que l’armée éthiopienne poursuit son offensive dans le Tigré, zone où des troupes érythréennes seraient intervenues ces derniers jours. Asmara a officiellement dénoncé ce qu’elle qualifie de déclaration de guerre et a saisi les Nations unies pour tenter de freiner une escalade qui menace la stabilité de la Corne de l’Afrique.
Offensive éthiopienne au Tigré et présence érythréenne
Depuis plusieurs mois, les forces armées éthiopiennes mènent une campagne militaire dans le nord du pays, ciblant le Tigré où le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) maintient un contrôle partiel. Selon les autorités érythréennes, des unités de l’armée érythréenne auraient franchi la frontière du Tigré au cours des derniers jours, soutenant des groupes locaux opposés à Addis-Abeba. Cette présence, ni confirmée ni niée par le gouvernement éthiopien, alimente les accusations d’ingérence et de provocation.
Accusations réciproques et mobilisation diplomatique d’Asmara
L’Érythrée a réagi en qualifiant les actions éthiopiennes de « déstabilisation » de la région et en affirmant que l’offensive constitue une menace directe à sa sécurité nationale. Le ministère des Affaires étrangères d’Asmara a présenté une plainte officielle aux Nations unies, invoquant le droit international et appelant à une enquête indépendante. En réponse, le gouvernement éthiopien a accusé l’Érythrée de soutenir le TPLF et de violer les accords de paix signés en 2018, rappelant que la souveraineté éthiopienne ne doit pas être remise en cause.
Implications pour la sécurité régionale et les perspectives de l’ONU
Les tensions entre les deux États, déjà exacerbées par des différends frontaliers historiques, risquent d’entraîner une escalade militaire qui pourrait toucher les pays voisins, notamment le Soudan du Sud et Djibouti. Les analystes de sécurité soulignent que la présence de troupes étrangères sur le sol tigréen pourrait déclencher des réponses militaires élargies, compliquant les efforts de médiation menés par l’Organisation de l’unité africaine (OUA) et l’ONU. Le Conseil de sécurité des Nations unies devrait prochainement débattre de la situation, avec la possibilité d’imposer des sanctions ou d’autoriser une mission de maintien de la paix, afin d’éviter une extension du conflit au-delà des frontières érythréennes et éthiopiennes.