À l'approche de l'élection présidentielle nigériane de 2027, la multiplication des candidatures fait l'objet d'une analyse critique au sein de l'appareil d'État. Lere Olayinka, conseiller spécial du ministre du Territoire de la capitale fédérale, soutient que la présence de 19 candidats sur les bulletins de vote ne reflète pas une réelle ambition de victoire pour l'ensemble des prétendants.
L'absence de stratégie de conquête du pouvoir
Pour Lere Olayinka, le nombre élevé de candidats masque une réalité politique où la participation devient une fin en soi plutôt qu'un moyen d'accéder à la magistrature suprême. Il souligne que certains acteurs politiques, à l'instar d'Omoyele Sowore du Congrès d'action africain (AAC), dont le score en 2023 s'élevait à 14 600 voix, s'inscrivent dans une démarche de simple visibilité. Selon cette lecture, ces candidatures visent davantage à marquer une présence symbolique sur l'échiquier national qu'à bâtir une coalition capable de remporter le scrutin.
Le défi de l'ancrage territorial
Le conseiller ministériel pointe une lacune structurelle majeure chez plusieurs formations, notamment le Nigeria Democratic Congress (NDC) associé à Peter Obi. Il estime que l'incapacité à présenter des candidats aux élections locales, comme ce fut le cas récemment dans les États d'Ekiti et d'Osun, fragilise toute prétention nationale. L'absence de candidats aux postes de gouverneurs dans une majorité d'États est, selon lui, le signe d'un manque de profondeur politique empêchant une mobilisation efficace des électeurs.
La logistique comme condition de victoire
Au-delà du discours politique, Olayinka insiste sur la réalité opérationnelle du terrain nigérian. Avec 176 846 bureaux de vote répartis sur l'ensemble du territoire, la capacité à déployer au moins cinq agents par unité est présentée comme une condition sine qua non pour sécuriser et comptabiliser les suffrages. Cette exigence logistique, qui nécessite un maillage territorial dense et des ressources humaines importantes, constitue selon lui la véritable barrière à l'entrée pour les candidats qui, faute de structure, ne peuvent transformer leur notoriété en résultats électoraux concrets.